vendredi 25 mai 2007

Où est-ce que ça se passe?


Cheminées en réflexion II
acrylique sur toile - 2007 - 40" x 30" (101,6 cm x 76,2 cm)

série "Usines"
www.alec5.com

Où est-ce que ça se passe?

On me demande souvent où je peins, à quoi ressemble mon atelier.
J'aimerais tant pouvoir dire que mon atelier est une partie de l'étage d'un ancien édifice industriel du début du siècle, arborant de magnifiques poutres d'acier rivetées, un vaste lieu baigné d'une calme lumière blanche, filtrée par d'immenses tulles translucides placés devant de non moins gigantesques fenêtres aux multiples carreaux renforcés de fils de fer. Que le plancher, aux larges planches de bois usé, d'où apparaissent, noircis par le temps, les clous d'acier forgés, transpire la senteur d'une époque révolue. Qu'un piano solitaire de Keith Jarret émane de petites enceintes invisibles. Qu'au fond, adossé au grand mur de briques blanchies, un longiligne support à tableau regorge de créations multiples. Qu'un autre mur défraîchi accueil quelques toiles récentes. Que quelques pots de couleurs, quelques boîtes de conserve remplies de pinceaux, jonchent le sol, près d'une une gigantesque toile couchée, en progression. Que seul, un chevalet ancestral trône en plein milieu. Il n'est là, d'ailleurs, que pour supporter la toile en progression, de temps à autre, lorsque le besoin de prendre un certain recul se fait sentir. Qu'en vis à vis, à une dizaine de pas, un vieux tabouret semble perdu dans cet espace libre. Qu'un énorme est confortable sofa fréquente nonchalamment une bibliothèque foisonnante de revues d'art. Qu'un verre de blanc à la main, je contemple mon espace et mon oeuvre, une partie de ma vie quoi!
Haa! Que tout cela serait bon!

Mais la réalité est beaucoup plus concise, voire compacte! À part les objets cités, le lieu n'est qu'un sous-sol de six pieds de haut, d'une maison centenaire... Il y a bien une colonne de briques blanches, il y a bien des poutres apparentes, une tuyauterie de fonte et une vieille fournaise grondant de temps à autre, en hivers, mais pas assez de place pour la démesure picturale.
De toute façon, soyons pragmatiques : Une toile qui ne rentrerait pas dans ma petite fourgonnette, serait un problème!
Bah! C'est un petit atelier sympathique et chaleureux, bien éclairé, donnant sur un jardin de verdure...
C'est déjà ça!
Un jour, peut-être...

Mais il faudrait que cet atelier utopique soit attenant à la maison. Le fait de pouvoir, sans préavis, créer une nouvelle toile, est un facteur important de spontanéité.
Peut-être qu'un jour, aurais-je les moyens de remplacer la remise branle-ballante et bucolique au fond du jardin, qui sert de garage, par une construction solide et isolée, un véritable atelier quatre saisons, respectant l'architecture centenaire de la maison.
Ou alors, il faudrait que je ne travail plus et que mes journées de bureau soient troquées par des journées d'atelier. Alors là, il serait possible de louer l'atelier de mes rêves.

Cessons justement de rêver, et peignions, peignions jusqu'à ce que l'utopie se réalise!


1 commentaire:

Roxana Brongo a dit…

très drôle l'intro de ce texte sur le typique atelier d'artiste. j'en arrive à un texte encore plus banal si je veux décrire le mien puisqu'étant artiste numérique, mon atelier c'est mon ordinateur, c'est bien moins poétique hein?, n'en demeure pas moins que c'est mon outil de prédilection et que je peux créer tout ce que je veux avec...
en passant, je trouve que ton atelier a quand même un cachet intéresant ;)