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dimanche 16 mai 2010

Balades du BAC : La virée des ateliers



C'était pourtant mal parti. Journée grise, pluie en après midi, météorologues annonçant encore et encore de la pluie et peut-être même des orages pour la soirée... Il semblait clair que la Balade du BAC de ce vendredi serait annulée. Mais soudainement, vers 19h, le ciel s'est entièrement dégagé et l'appel d'une balade en vélo dans la fraîcheur du soir est devenu si présent que je me suis lancé sur la route. Compte tenu de l'heure avancée, il n'était plus question d'aller rejoindre le point de rendez-vous. Ayant fait la suggestion d'aller à la "Virée des ateliers", j'ai pensé pouvoir y rencontrer quelques baladeurs du BAC.

Le ciel était magnifique et la ville multicolore dans cette pénombre prénocturne.
Rouler, alors que l'air frais embaumait l'urbanité et la lumière de l'astre déclinait, était tout simplement extraordinaire, d'autant plus qu'il n'était même pas question, quinze minutes au préalable, que je sorte en vélo ce soir-là. J'avais d'autant plus un sentiment de liberté totale, ce qui me faisait pédaler d'un bon petit rythme constant. Et même si mon temps était compté, et que je déteste être en retard, le concept du "Slow Bike" a prit alors le dessus, tant ce que je voyais était beau : il a fallu que je m'arrête pour prendre un cliché (et c'est vraiment le cas de le dire) de la ville de lumière.

La "Virée des ateliers" est une excellente initiative basée sur l'idée des portes ouvertes. Ainsi, l'édifice Grover de la rue Parthenais, qui regroupe une multitude d'ateliers et de studios d'artistes et d'artisans, s'ouvrait pour quatre jours au public. On y retrouvait : des arts visuels, de la céramique, du design métal, de l'ébénisterie, de la gravure, de l'iconographie, de la joaillerie, de la mode, de la maroquinerie, de la peinture, de la sculpture, du tissage, et du verre. Pfiou! de quoi y passer des heures!
Malheureusement, il ne me restait que très peu de temps. Je suis donc allé voir des amis designers qui se spécialisent dans la confection de présentoirs, d'objets et de meubles en plaques d'acier, K-One. Pour l'occasion, ils avaient installé leur studio en confortable chambre à coucher dont la pièce maîtresse était, évidement, un immense lit de métal et de bois. J'ai trouvé mes deux compères, avachis, se reposant d'une intense journée de portes ouvertes.

Ils m'ont toutefois fait visiter un peu de ce qui restait d'ouvert. J'ai pu entre autre découvrir une artiste, Sylvie Lupien qui, de prime abord fait des toiles abstraites, soigneusement encadrées sous verre. Mais c'est lorsque l'on s'approche de l'image que le réel, brut et simple, se déclare sans artifice car il s'agit non pas de peinture, mais bien de photos. Sous la focale incisive et précise de son appareil, elle capture des images de plaques rouillées, de murs défraîchis et autres détails de surfaces qui nous échappent dans l'ensemble. Elle sait ainsi capté l'abstraction naturelle des choses.

En sortant de cet atelier, moi qui suis devenu complètement réfractaire à la moindre odeur de cigarette, a été happé par une senteur d'un excellent tabac de pipe. Elle appartenait à nulle autre que Dominique Engel, créateur patenteux s'il en est. Cet homme d'âge respectable, au faciès illustrant un certain vécu, sorte de Plume Latraverse du bricolage artistique, nous apostrophe en remarquant quelques points précis de nos propos. Il nous apporte alors son point de vue sur le traitement de surface d'un métal afin que celui-ci ne puisse plus s'oxyder.

À n'en pas douter, le Engel a une longue expérience sur la question. Une étrange et passionnante discussion s'entame alors en plein couloir. Le bonhomme s'exprime avec soin et précision tout en jurant sporadiquement. Il nous captive et nous séduit complètement. Il nous raconte aussi qu'il a fait de la télévision. Je me suis alors souvenu l'avoir vu dans une série d'émissions de défi de bricolage à Ztélé : La Patente.

La virée des ateliers étant maintenant fermée pour la soirée, j'ai laissé mes amis rentrer chez eux et j'ai repris mon fidèle vélo pour me diriger, à travers les petites rues tranquiles du Plateau, vers la galerie Articule où se donnait ce soir-là, la finale de l'exposition "Hospitalité 2 : peu à peu, une vue d’ensemble". Il s'agissait d'une performance. Mais je suis arrivée après les faits. Il restait pas mal de monde et j'ai pu parler avec l'une des artistes de la soirée, Claudia Fancello.
Elle paraissait très contente de son expérience. Les initiateurs de la série d'expositions "Hospitalité", Sylvie Lachance et Richard Ducharme étaient eux aussi de la partie.
Soudainement, sous l'égide de Claudia, qui est également danseuse et chorégraphe, Richard Ducharme s'est essayé à une forme de "Brake Dance". Belle performance spontanée! De quoi donner des leçons aux jeunes timides que nous semblions être alors.

La soirée s'est poursuivie et terminée au Billy Kun. Par chance, je dirais, car en sortant de là, nous nous sommes aperçus qu'il avait finalement plu. En fait, il y avait de sévères orages, mais nous n'avons ni entendu ni vu quoi que ce soit.

Mon retour s'est fait dans un calme d'après pluie, et j'ai béni mes garde-boues, qui faisant en sorte que je n'apercevais même pas du degré de détrempage de l'asphalte.

Somme toute, une soirée complètement improvisée. Mais n'est-ce pas là l'essence même des balades du BAC?


photos : Alec
photo de l'Édifice Groover : www.culturemontreal.ca
photo de Dominique Engel : AlienTv.org

Pour en savoir plus sur les Balades du BAC :
www.opusurbanista.blogspot.com

mercredi 12 mai 2010

Balades du BAC : Résonnances numériques

Montréal regorge d'activités culturelles, certaines très médiatisées, d'autres beaucoup plus "underground". Jusque-là, rien de très différent des grandes métropoles comme Berlin, Londres, New York et tant d'autres. Mais ce qui pourrait différencier Montréal de toutes ces grandes villes foisonnantes d'art et de culture, c'est le numérique.
Montréal est devenu sans conteste la capitale de l'imagerie numérique et du son électronique. "Capitale Mondiale" ont dit certains. Tant mieux!
Avec, entre autres, ses festivals Mutek (musique) et Elektra (audio-visuel), ses entreprises d'animation numérique pour le cinéma ou la télévision, ses créations de logiciels et de jeux vidéo, ses essaims de programmeurs d'applications pour iPod, iPhone et iPad, Montréal s'est placé à l'avant-scène de l'image et du son de synthèse.

À la dernière Balade du BAC (Bicycles, Art et Culture), Sylvie Laplante nous a emmenés à l'Usine C, l'un des hauts lieux de représentation du festival Elektra, onzième édition.
Arrivés dans cette ancienne usine restaurée en centre multi-artistique, dont on a conservé l'emblématique cheminée de briques rouges, nous sommes entrés dans la grande salle principale, sorte d'immense hangar de béton et d'acier plongé dans une relative noirceur cérémoniale, dominée par un non moins gigantesque écran blanc lumineux couvrant l'ensemble du quatrième mur.

Là nous attendait Blake Carrington (non, non, rien à voir avec Dynasty, heureusement!!) au séquenceur et analyseur vidéo-numérique. Dans un grondement synthétique profond, simulant les sonoritées de grandes orgues, une image radiographique et fantomatique d'un plan architectural d'une cathédrale gothique s'est progressivement affichée, structurée, déstructurée, tout en noir sur cet écran blanc envahissant. Le plan cathédrale se faisait balayer, analyser, scanner horizontalement, générant ainsi des sons et des fréquences, suivant le canevas même de son dessin. Plus les structures étaient massives, plus les sons se faisaient amples, graves et forts. Par variation de filtres et d'oscillation, Blake Carrington se servait de l'image évanescente pour générer un thème musical monocorde et pourtant polyphonique, fait d'infra-basses et de sur-aiguës, absolument hypnotisant.

C'est alors que tout le sacré d'une cathédrale, tout le mystique du gothique, tout le "magnificat" du numérique s'est imposé dans toute la salle de l'Usine C et certainement aussi dans les esprits des gens présents. On se serait cru dans une des scènes de 1984, lorsque le visage de Big Brother, démesurément projeté sur grand écran, illumine les nombreux regards éberlués et blafards de l'assistance. C'était véritablement envoûtant, épeurant et magnifique à la fois!

Suite à cette performance, il nous a été proposé plusieurs projections numériques des plus folles et captivantes. Je n'avais jamais vu de traitements numériques aussi avancés et créatifs, bien au-delà de ce qu'Hollywood peut générer en termes d'images de synthèse et d'effets spéciaux. Mais je laisse Sylvie Laflame, dans son article "Balades du BAC : ELEKTRA II" mieux nous expliquer la nature de ses projections et qui sont les artistes qui ont créé ses oeuvres.

Reprenant nos vélos, nous nous sommes laissé pour la soirée sur ses images impressionnantes dans tous les sens du terme.
La fin de soirée était plus que fraîche, mais après cette expérience audio-visuelle, je me suis senti comme un microprocesseur à qui on offre un vent de fraîcheur pour mieux fonctionner.
C'est alors qu'en pédalant sur le chemin du retour, je me suis aperçu que je ne regardais plus les choses de la même façon. Les couleurs, les formes, les sons, tout me semblait pouvoir maintenant s'intégrer numériquement à ce que je venais de voir et de vivre.

En m'engageant sur le pont Jacques Cartier, les ombres portées des milliers de barreaux du garde-fou, ainsi que les massives structures du pont sont devenues autant de séquences rythmiques visuelles et sonores, autant de fréquences et d'harmoniques composant une sorte de "loop" cadencé. On aurait pu filmer cette enfilade métallique à perte de vue tel une partition binaire et y faire correspondre des sons numériques engendrés par les intervalles lumineux que ces barres grises sur fond de nuit transmettaient. La fréquence et la couleur de l'éclairage au tungstène y étaient aussi pour quelque choses. Peut-être était-ce aussi dû à mon état de fatigue ce soir-là, au rythme régulier de pédalage sur ce long trajet de piste cyclable surplombant l'eau, a l'oxygénation et à la résonance de ce que venait de voir et d'entendre, mais cette traversée du fleuve fut littéralement... numérique!

- Photos : Alec
- Image du film 1984 (Nineteen Eighty-Four) film britannique réalisé par Michael Radford en 1984 d'après le roman de George Orwell (1948)
- Image de Inject v.02 de
Herman Kolgen, présenté au Festival Elektra II, image tirée du site de l'artiste.

Pour en savoir plus sur les Balades du BAC :
www.opusurbanista.blogspot.com

samedi 24 avril 2010

Première soirée des "Balades du BAC"



Première soirée des "Balades du BAC" (Bicycles, Art et Culture). Une soirée comme je l'espérais, une soirée de déambulations cyclistes à travers les rues, calmes d'Outremont, du Mile End et du Plateau, à Montréal, à l'écart des grands boulevards, une soirée de "butinages" culturels, de rencontres enrichissantes et de découvertes inattendues.

Arrivé en vélo à 7 heures devant l'entrée du Théâtre Outremont, sur la rue Bernard, à Outremont, ce vendredi dernier, alors que le soleil frisant l'horizon créait une lumière orangée sur la pierre blanche du théâtre, la première suggestion qui a été proposée était d'aller voir ce qui se passait à la Galerie Articule sur la rue Saint-Viateur.

Une exposition? Non, pas tout à fait, même : pas encore! C'était plutôt une préparation d'exposition, une sorte de "Work in progress" où le spectateur était invité à faire partie prenante du processus créatif.

À l'initiative du groupe artistique interdisciplinaire PME-ART, les artistes Caroline Dubois, Claudia Fancello et Jacob Wren, proposent au visiteur de répondre à six questions sur des "Post-it" qui seront apposés sur le mur, formant une longue bande jaune qui, à la verticale illustre la réaction d'un individu, et à l'horizontale, la réaction d'une collectivité. Avec cet ensemble de réponses, le groupe créatif va développer un travail qui sera présenté dans les semaines à venir*.

Pour nous accompagner notre questionnaire, on nous proposait de choisir au préalable, dans de grosses piles de vinyles, une musique qui pouvait nous ressembler. Autant dire que les piles étaient d'un éclectisme à faire frémir, mais nous avons trouvé un album de Miles Davis qui a rapidement coloré l'atmosphère d'une teinte chaude et jaune. Cela nous a projeté dans l'ambiance d'une hypothétique Galerie new-yorkaise.

Alors que nous répondions aux questions, une discussion s'est développée entre nous et les deux créateurs des défunts "20 jours du théâtre à risque", Sylvie Lachance, qui a été aussi directrice artistique du MAI (Montréal, arts interculturels) et Richard Ducharme. Tout deux sont maintenant à la tête du PME-ART. C'est alors qu'ils se sont mis à nous raconter leur riche et complexe parcours et surtout leurs savoureuses anecdotes. Nous étions captivés par leurs aventures et une certaine page de l'histoire du théâtre au Québec.

À la fermeture de la galerie, nous avons laissé Sylvie Lachance et Richard Ducharme en les remerciant pour ce moment hors du temps et nous avons à nouveau enfourché nos vélos pour sillonner les petites rues du Plateau. Les senteurs du printemps, ainsi que la clameur urbaine et festive nous ont accompagnés tout le long du parcours jusqu'au "P'tit Bar", sur Saint-Denis, à la hauteur du Carré St-Louis, où allait se produire Mohammed, un slameur montant qui vient tout juste de sortir un album : L'Ombre d'un doute

Ce fut une véritable révélation. Mohammed, accompagné de Boogat, un génie de la création musicale, opérant une minuscule boîte électronique, un séquenceur, et d'une flûtiste, Caroline, nous a clamé ses mots, tantôt en prose tantôt en rimes. Il faut dire que la profondeur de ses textes est frappante, dans tous les sens du terme, pour un homme d'une trentaine d'années. La maturité de ses idées et de ses propos nous a conquis. La musique de Boogat est aussi d'une justesse rarement entendue dans ce genre, surtout par rapport aux textes.

Nous avons eu le plaisir de discuter avec Mohammed, sur le trottoir, juste avant de reprendre nos vélos et de nous souhaiter que la prochaine balade du BAC soit aussi riche de découvertes et d'émotions.

Faites-nous part de vos suggestions pour les prochaines "Balades du BAC"!

*HOSPITALITÉ 2 : peu à peu, une vue d’ensemble
Projet performatif : 23/04/10 – 16/05/10
Performance: 28/04/10, ouverture des portes 19h, performance 20h
Discussion avec les artistes : 02/05/10, 15h
Finissage : 14/05/10, 19h - performance 20h

Mohammed, homme de parole
à Christian Charette
extrait radio
Radio-Canada, lundi 26 avril 10:46

Pour en savoir plus sur les Balades du BAC :
www.opusurbanista.blogspot.com

jeudi 22 avril 2010

Ouverture des balades du "BAC" (Bicycles, Art et Culture)



Êtes-vous prêts pour des petites balades urbaines et culturelles en vélo?
Vendredi 23 avril 2010, ouverture des balades du "BAC" (Bicycles, Art et Culture).

Balades de soir en vélo, informelles, vagabondes et spontanées, pour les adeptes de "Slow Bike". C'est l'occasion de se rencontrer, de rouler tranquillement en jasant de vélo, d'art et de culture dans les rues d'Outremont, du Mile-End, du Plateau ou d'ailleurs, et d'aller voir des expositions ou des spectacles en cours de route. Le tout peut se conclure par un verre sur une terrasse! Bref, prendre ça "slow".

Parcours et destination selon l'inspiration ou les suggestions du moment.
Vous pouvez également faire des suggestions d'expositions ou de spectacles sur ce billet.

Rendez-vous les vendredis*, devant le Théâtre Outremont,
1240 avenue Bernard,
(coin avenue Champagneur) à Outremont, à 19h00.
Éclairage ou équivalent, et cadenas requis.

*Les rendez-vous seront annoncés de semaine en semaine sur le blogue Urbanista. "Stay tunned!"

L'événement sur Facebook

Carte Google des galeries d'art à Montréal

Pour en savoir plus sur les Balades du BAC :
www.opusurbanista.blogspot.com