dimanche 23 mars 2008

Ça y est ! On l'a fait !


image tirée du film (en cour de montage) de Robert Dupuy

après le spectacle

Ça y est ! On l'a fait !
La performance à la TOHU

Samedi 22 mars 2008, 18h30-19h30
Accompagné par d'excellents musiciens (Yanick Coderre au sax, Jean-Pierre Lévesque à la batterie et Samuel Cournoyer à la contrebasse), j'ai réalisé un vieux fantasme, issu d'une scène que j'avais écrite dans mon troisième roman "La dernière notre" : créer une oeuvre en direct, en interaction très étroite avec de la musique improvisée. Et bien, ce fut toute une expérience, bien au-delà de mes attentes !
Cela faisait plusieurs mois que je me préparais à l'idée de cet événement, de cette performance, plusieurs semaines que je visualisais la scène, ne sachant pas quelle en serait vraiment la teneur. C'était un véritable saut dans le vide.

Installé à même le sol (ma façon de peindre), au beau milieu de l'immense enceinte de l'espace SSQ de la TOHU, une toile vierge de 4 pieds par 6 pieds, mise en valeur par un spot de scène la surplombant à une quinzaine de pieds, n'attendait que le coup d'envoi pour être maculée de noir, de gris et d'ocre.

À l'heure dite, après que tout le monde se soit installé (les musiciens et le caméraman Robert Dupuy, car il y a eu une captation à deux caméras!), la contrebasse a ouvert le bal par une mélopée envoûtante, très atmosphérique. L'ambiance s'est installée. La batterie et le saxophone ont alors emboîté le pas, très tranquillement.
J'ai regardé cette toile vide, cette surface blanche et, armé d'un large pinceau chargé de noir, je me suis littéralement lancé sur la toile. La musique m'a immédiatement transporté sur des avenues de plus en plus rythmées, syncopées, si suggestives que je n'ai eu qu'à me laisser aller.
Dans une sorte de danse, une image s'est formée, soutenue çà et là part les accents d'une cymbale, par le phrasé du sax, ou par la rondeur enveloppante de la contrebasse.
Il s'est alors créé une complicité à laquelle je ne m'étais pas attendu. Les musiciens ont parfaitement compris le jeu. Nous nous sommes fait des clins d'oeil, tantôt figurés par telle ou telle intervention musicale ou picturale, tantôt réels, sorte d'acquiescement à la compréhension mutuelle.

À titre d'exemple, à un certain moment, la musique a baissé d'ampleur, on pouvait entendre mon brossé de pinceau énergique. C'est alors que le batteur, a repris ce rythme au ballet sur la peau de caisse claire. Par cet écho à mon geste, j'ai compris son intention, et nous nous sommes répondu dans un jeu progressif et constructif.
À d'autres occasions, mes coups étaient littéralement dirigés par les accents de saxophone, la vitesse même étant contrôlée par ses intensités.

Il y avait de plus en plus de monde. J'ai relevé les yeux à une occasion et me suis aperçu de cette multitude. J'ai vu des regards curieux, des sourires, peut-être même de l'étonnement.

Nous nous sommes tenus à la durée d'une heure que nous nous étions fixée. Et je pense que c'était une durée parfaite. Ni trop longue pour ne pas lasser, ni trop courte pour que la création puisse se faire.
Véritablement toute une expérience ! Maintenant que la glace est brisée et que cela a parfaitement fonctionné, c'est sans aucun doute à refaire!

Merci à tous ceux qui sont venus voir cette performance, merci à la TOHU d'avoir permis un tel événement et merci aux musiciens pour cette complicité inspirante.

voir aussi : http://alecart.blogspot.com/2008/02/la-performance.html

2 commentaires:

Aurélie a dit…

C'est vraiment quelque chose d'énorme ce que vous avez fait là.
C'est aussi un de mes fantasmes :)

Alec a dit…

Bonjour Aurélie,

Merci! C'était assez "casse gueule", je l'avoue mais il fallait que j'essaie. Je suis tellement heureux du résultat que j'ai maintenant juste hâte de recommencer, plus gros, plus intense!!

Je suis allé voir votre blogue (http://universdaurel.blogspot.com/). Bravo! Vos croquis sont excellents! Très spontanés, très souples, magnifiques.