lundi 5 mars 2012

De la publicité au design de vélos

Publié le 05 mars 2012
Alec Stephani... (Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse)
Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse
Alec Stephani
Ils ont étudié en biologie, en sciences politiques ou en droit. Aujourd'hui, ils sont musiciens, programmeurs de jeux vidéo ou éleveurs de canards. La Presse dresse leur portrait et démontre que l'école ouvre bien plus qu'une porte.
La publicité et la conception de vélos ont peu en commun. C'est pourtant les deux domaines dans lesquels Alec Stephani a travaillé, après son diplôme en graphisme à l'École des arts décoratifs de Genève.

«C'est lors d'un événement portes ouvertes que j'ai eu un coup de coeur pour la publicité. Je voulais transmettre mon message par l'image. J'avais d'ailleurs déjà des contrats pendant mes études», dit Alec Stephani.

Après avoir travaillé comme directeur artistique dans une boîte de publicité, le principal intéressé s'installe à Montréal en 1988, pour poursuivre sur la même voie.

Une remise en question l'attend toutefois au détour. «Je réalisais que je mettais ma créativité au service de produits auxquels je ne croyais pas. J'ai même refusé de travailler sur des mandats qui étaient en contradiction avec mes valeurs», se rappelle M. Stephani.


Un sous-marin à propulsion humaine

Un ami lui propose alors de travailler avec lui sur une idée à des années-lumière du marketing: en collaboration avec l'École de technologie supérieure (ÉTS), ils conçoivent le projet Omer, un sous-marin à propulsion humaine. «C'est ce qui m'a amené vers le design concret», estime Alec Stephani. Ils ont d'ailleurs créé un monstre, puisque le projet Omer en est à... Omer 8, selon Alec.

Depuis, ce dernier se consacre au design de vélos, principalement à la gamme Opus. «Tout le monde me pose la question «C'est quoi, un bon vélo? «. J'essaie constamment d'y répondre et de mieux définir le concept de vélo urbain», explique-t-il.

Sa mission: faire redécouvrir le vélo aux citadins. «Concevoir la meilleure bicyclette du monde, c'est facile. Tu prends les meilleures composantes et tu les assembles. Le défi, c'est de faire un vélo accessible, puisque chaque détail compte.»

Sa formation et son expérience en publicité l'aident beaucoup dans son travail. «Je suis à l'aise dans les communications, la mise en marché et le marketing. Mais la publicité, c'est devenu un outil plutôt qu'un métier», réalise Alec Stephani. Nul doute que ce touche-à-tout saura continuer longtemps de mettre sa créativité à profit.

mercredi 29 février 2012

exHumachina


exHumachina
acrylique sur toile - 2012
30" x 48" (76,2 cm 121,9 cm)
série "Humains"
www.alec5.com


Finalement, après avoir terminé cette toile hier soir, tard, je me suis levé ce matin avec son titre final : exHumachina
"La machine hors de l'homme", comme si celui-ci avait été défait de son moteur, de sa puissance, de son énergie. Le jeu de couleurs déclare ce transfert. L'humain est neutre autant dans sa posture que dans ses teintes. La machine, pour sa part, est complexe, profonde et arbore du rouge saignant et du jaune dynamique.
Mais, finalement, ce n'est pas l'humain face à la machine, c'est lui-même, son miroir, sa traduction métallique et mécanique.

Les grands formats

Je participe à une exposition collective à la Galerie des Cantons, à Magog du 18 février au 8 avril.
Vernissage ce samedi 3 mars de 14 à 17 hrs.

Les artistes participants:
Alec Stephani, Jocelyn Blouin, Jean Coté,Françoise Euzénat, Miguel Forest, René Guillemette, Gabriel Lalonde, Micheline Landry, Benoit Lévesque, J.Michel Poulin, Étienne St-Amant, Sandra Tremblay, Francine Vernac.


Galerie des Cantons
PLACE DU COMMERCE
52 RUE LAURIER LOCAL 30
MAGOG QUÉBEC
J1X 2K3
TÉL.:819-868-1881

Courriel |ducanton@estrien.com |

samedi 25 février 2012

Work in progress



Il des fois où je me demande ce que je cherche. Ce que je vois souvent en résultat me montre cruellement que ce n'est pas ce que je veux. Je sais pourtant ce que j'aime d'une toile et ce que je veux voir, mais mes mains ne se laissent pas aller à cette liberté tant recherchée. Car en plus du message de l'image, je crois que la façon et la manière font aussi partie du discourt.

Par exemple parallèle, une lettre qui, à contenu identique, présentée soit manuscrite, soit dactylographiée, ne transmettra pas le même sens à un niveau subconscient. La dactylographiée ne pourra pas traduire le même niveau de sensibilité, même si celle-ci est de toute évidence plus claire à lire. On n'aura pas la dimension supplémentaire que peut offrir la manière visuelle de l'écrit manuel.

Or, en peinture, il me semble que cela est aussi observable. Une peinture hyperréalisme, bien que spectaculaire et d'une clarté absolue n'aura pas ce supplément d'âme issu de l’erreur, du défaut, de l’imprévisible. J'admire des peintres comme Lucian Freud ou Kent Williams, qui sont capables de transcender l'image par la facture picturale. Ils y ajoutent une dimension non pas hyperréaliste, mais hypersensible. Et c'est cela que je cherche à atteindre maintenant. Je veux pouvoir traduire autant la force que la faiblesse de ces personnages et mettre en relation la force et la faiblesse de système mécanique qu'ils côtoient.

Cette nouvelle toile est en progression. Je crois que c'est la première fois que je montre une oeuvre inachevée. Mais je pense que le personnage est pour sa part achevé et du coup, la toile vient de prendre son premier sens. Surtout pour moi, car j'ai touché ce que je voulais atteindre! Vais-je pouvoir continuer sur cette lancée? Il faut dire que les conditions étaient particulièrement et étonnamment favorables. Un après-midi "libre", un fabuleux café d'un ami une heure plus tôt qui m'avait mit sur un rythme effréné, une musique enivrante...
Je réalise maintenant que le travail ne se fait plus seulement sur la toile, mais aussi sur moi.
À suivre.

samedi 18 février 2012

Galerie à Magog



Certaines de mes toiles maintenant disponibles en Estrie, à Magog, à la Galerie des Cantons.


La Factory II 24" x 30" - Dualité : La falaise 24" x 36"


Forme noire 1 48" x 24" - Forme noire 2 48" x 24"


Industrie et terre 30" x 24" - Soir sur Peshawar 24" x 30"


Jonction industrielle 24" x 36" - La grande verrière extérieure 36" x 48"

Galerie des Cantons
52 Laurier, Magog
J1X 2K3
819-868-1881
www.galeriedescantons.com

mercredi 15 février 2012

Les Séries

exHumachina
acrylique sur toile - 2012
30" x 48" (76,2
cm x121,9 cm)série "Humains"
Série Humains
7e phase (2012-...)

Observer le corps comme on découvre une machine et son émanation énergétique inertielle. L’image du corps étant statique, il ne peut s’en dégager que la résultante de l’effort. Donc, non plus dans son action, mais dans son résidu mnémonique des tissus, de la matière même du corps.

La machine, elle, fait de même. En prenant un cliché de celle-ci, on ne la voit pas en action, mais son énergie transparaît à travers l’image prise en instantané. Et ce qui est paradoxal, c’est que cet instantané révèle en fait une beaucoup plus longue période de temps : le vécu.

En mettant en parallèle un humain et une machine, je cherche à observer toutes les similitudes énergétiques, mnémoniques, voire historiques possibles de l’un et de l’autre.

L’émanation énergétique inertielle est pour moi l’essence même de « la force tranquille », mais est-elle si tranquille que cela? Même si l’humain semble au repos, il vibre encore de l’effort effectué. La machine, même si on l’éteint subitement, continuera à dégager sa chaleur. Le corps aussi.

Plus loin dans le temps : Si on observe une ancienne machine de proche, si on la touche, ou même simplement en y étant pleinement attentif, on peut y déceler encore l’énergie qu’elle a produite ou consumé par le passé. Pourquoi? Parce que l’émanation énergétique inertielle fait désormais partie de ses entrailles, de ses atomes.

Il y a des corps dont émane aussi facilement cette énergie inertielle, des corps qui parlent, qui s’expriment rien qu’en étant là. Le charisme? Probablement. Mais il ne s’agit pas de caractère, il s’agit de présence, de masse, tout comme la machine.
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La douille de lampe
acrylique sur toile - 2011
24" x 30" (61,0 cm x 76,2 cm)série "Métal"
Série Métal
6e phase (2011-...)

Dans cette série de toiles, je veux observer sans juger, traduire sans reproduire, évoquer sans raconter, laisser l'impression de l'image parler d'elle-même.
Entamée par la série "Usines", la démarche de l'Émanation mnémonique spontanée a engendrer un besoin de plonger dans le figuratif afin d'explorer la nature même et le vécu des objets observés.
J'ai maintenant le goût de voir ce qui m'intrigue. Ne plus simplement le suggérer, mais l'observer. Voir et brosser rapidement l'essentiel de ce que je ressens par rapport à l'image de l'objet, son émanation. Oui, il s'agit encore d'émanation mnémonique, mais cette fois cela ne vient plus de moi mais directement des formes et des objets que j'observe. Ils ont quelque chose à raconter.
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La grande usine
acrylique sur toile - 2008
36" x 48" (91,4 cm x 121,9 cm)série "Usines" 
Série Usines
5e phase (2007-2011)

« C’est un travail sur la mémoire architecturale, non pas dans son sens construction, ni esthétique, mais sur l’émanation mnémonique spontanée, la perception de l'histoire vécue ou ressentie d'un lieu et d'une époque. »

Je me rends compte maintenant que tout mon processus pictural est en train de se cristalliser sur la mémoire inconsciente, instinctive et spontanée, celle qu’on ne peut expliquer mais qui est là, sous-jacente à chaque mouvement, geste ou décision que l’on prend.
À l’instar de la mémoire des métaux, par exemple, je crois que le corps en son entier acquiert une mémoire des lieux et du temps qui transcende même la qualification de mémoire.

En stimulant le réflexe, le geste spontané, et surtout en se « débranchant » non seulement des contrôles de forme, de justesse mais aussi des normes reçues ou établies, il devient alors possible de retranscrire des images sans même les concevoir. Seule cette mémoire interne pourra s’exprimer et faire surgir des images peut-être floues, mais qui laisseront à tout un chacun un espace interprétatif libre, pouvant réagir selon sa propre émanation mnémonique spontanée.

C'est peut-être pour cela que je me balade entre l'abstraction et le figuratif...
C'est peut-être aussi pour cela que je peins les yeux mi-clos, comme me l'a fait remarquer quelqu'un lors de la performance. Je ne regarde pas vraiment ce que je fais, je le perçois.
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Terres noires
acrylique sur toile - 2006
26" x 38" (66 cm x 95,5 cm)série "Formes noires"

Série Formes noires
4e phase (2004-2010)

La démarche est en réalité une contre-démarche. Plonger tête première dans une image en formation. Se mettre en déséquilibre afin que l'instinct pictural prime sur la réflexion conceptuelle. Au besoin répéter l'expérience mainte et mainte fois, afin de pouvoir cerner la cohérence de l'image. Ne pas essayer de comprendre ni ce qui se passe, ni ce qui pourrait se passer. Ne pas réfléchir, mais bien agir sur la toile, jusqu'à ce que l'image se stabilise.

Le point de départ est toujours une forme noire dominante, qui impose, par sa structure, le sujet de l’histoire. Viennent alors se juxtaposer des teintes et des formes, sorte de contrepoints justifiant la présence et l'existence de la forme noire. Chaque couleur est spontanément saturée de noir. Cette saturation exprime l’usure, le travail et la véracité de la vie.
Les teintes sont simples et complexes à la fois, pour que l’on puisse voir plus que ce qu’il y a dans la composition, que chaque observateur puisse décerner les images qu’il peut s’inventer, en apercevant par transparence des niveaux de lecture multiple.

La démarche, s'il en est une, est de faire abstraction de toute formation académique, quelle qu'elle soit, de tout ce qui pourrait entraver le processus créatif, de toute démarche conceptuelle, et ne laisser s'exprimer que l'essence même de ce l'on est.

C'est à chaque fois un plongeon dans une image qui surgit au fur et à mesure des mouvements, des couleurs et des formes. Il n'y a pas de concept initial. Chaque toile est issue d'un désir de surface, qui, progressivement, s'approfondit par couches et interventions successives, et forme enfin une sorte de cohérence de couleurs et de structures. Peindre, c'est se mettre souvent en situation de risque. Il y a une peur constante durant l'exécution, une sorte de stress dynamisant, une curiosité de ce qui va se passer, et un plaisir immense lorsque les choses se mettent soudainement en place. Cette excitation de sentir le moment précis où la cohérence s'installe et que l'image prend forme est le moteur même du désir de peindre.
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American Fields
acrylique sur toile - 1991
34" x 48" (86,4 cm x 95,5 cm)série "Mécaniques"Série Mécaniques
3e phase (1991-1992)

Immersion dans une période d'ingénierie, les structures visuelles s'inscrivent dans une thématique anecdotique purement mécanique.

Une part de moi est attirée par l'ingénierie et la mécanique. Dans cette série, je me suis laissé aller à exprimer ma relation dans un domaine qui, de prime abord, semble peu ou pas artistique. Mais il s'agit bien là d'un univers de création sculpturale. J'ai tenté de transférer la notion tridimensionnelle dans un univers pictural bidimensionnel. Même si l'abstraction est la base de la composition, les éléments anecdotiques sont des supports à la narration. Les paysages, s'ils apparaissent quelques fois, sont là pour définir l'espace, pour définir la scène.
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Échaffaudage 4
acrylique sur toile - 1991
48" x 24" (121,9,4 cm x 61 cm)série "Structures"

Série Structures
2e phase (1990-1991)

À l'instar des échafaudages architecturaux qui semblent cacher ce qu'ils construisent, les thèmes visuels se composent de structures apparentes. C'est le besoin de rendre visible la recherche des formes et des surfaces, le besoin de comprendre, sans cacher ce qui se trame durant le processus créatif.

Je voulais montrer ce qui est invisible dans le processus de création : les structures organisationnelles qui construisent l'image sur la toile. Je voulais rendre apparent ce qui ne se montre pas, ce qui se passe dans la tête du créateur. Rapidement, ces structures ont pris une place prédominante à la composition.
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Carapace
acrylique sur toile - 1991
48" x 24" (121,9,4 cm x 61 cm)série "Surfaces"
Série Surfaces
1e phase (1990)

C'est une période de découverte de la toile, de sa surface et de sa texture, d'assemblage des formes visuelles et des couleurs d'où vont émerger une palette de tons et de formes qui seront les éléments récurrents dans tout le parcours artistique. C'est le fondement du travail.

Cette série fut ma première incursion dans le monde de la peinture. J'ai voulu déstructurer mon apprentissage graphique, progressivement. C'est aussi les premières recherches de couleurs, l'établissement de ma palette de base, les ocres, les blancs et les noirs. Cette période a été pour moi la découverte de la surface de lin, la relation sensorielle avec la toile, avec son grain et ses textures, avec l'objet même, le tableau.
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mardi 7 février 2012

Images en relations


Encore et encore
acrylique sur toile - 2012
30" x 48" (76,2 cm 121,9 cm)
série "Humains"
www.alec5.com


Cette fois, j'avais envie de voir ce que l'interaction de deux images sur la même toile pouvait évoquer comme discours, comme ce qui s’est passé lorsque j’ai mis « La fatigue » à côté de « Hopper mécanique », mais au lieu de créer un diptyque, c’est une toile unique.

Cela semble raconter bien plus qu'il n'y parait. Et c'est tant mieux. En fait, je viens de faire un pied de nez à ce que je pensais du figuratif, c'est-à-dire que le fait d'illustrer quelque chose de concret enlevait à celui qui observe, la possibilité de laisser aller son imagination et sa propre interprétation de ce qu'il comprend. Or là, on veut comprendre la relation de ces deux images qui semblent sans rapport. Alors on échafaude des théories de toutes sortes.
Allez-y, racontez ce que vous y voyez! D'ailleurs c'est pour cela que je n'ai pas encore indiqué de titre.

Je regarde mon atelier et les humains s’y intègrent bien, y ralliant les autres séries. Ils savent côtoyer et faire parler les toiles de la série « Métal » de façon très particulière. Mais aussi celles de la série « Usines ». Je n’ai pas fait l’expérience avec les séries « Mécaniques » et « Structures ». Mais je pense que cela ne fonctionnera pas aussi bien car mon « brossé » a changé.
Bref, je dois continuer à explorer la relation « Métal » et « Humains ».

lundi 6 février 2012

L’humain : l’élément manquant



Jusqu'à présent, dans l'évolution de ma démarche "Émanation mnémonique", c'était l'observation de la mémoire intrinsèque de l'objet, de son émanation physique en harmonique avec notre propre mémoire d'un lieu ou d'une époque qui me fascinait.

En peignant maintenant des humains, j'observe les corps de la même façon que j'observe l’histoire d'un objet, de par sa forme et son usure. Les humains sont avant tout pour moi des formes desquelles émane une mémoire, un vécu. L'homme-objet? La femme-objet? Pas du tout. En tout cas pas comme notre société le décrit ni le décrie. C’est l’humain dans sa forme sculpturale qui m’intéresse. Pas dans sa personnalité, quoique celle-ci émane de facto, mais dans son état d’existence par rapport à son temps et son lieu. L’humain est un élément parmi d'autres qui se place dans un lieu de par son volume et son énergie au même titre que la machine ou l’objet qu’il côtoie. Mais l’humain est aussi l’élément de connexion entre ces objets et ces lieux, ainsi que ces époques.

L’humain, c’est l’élément manquant qui peut maintenant réunir mes autres séries picturales et amalgamer les diverses formes et définitions de ma démarche en un tout cohérent.

jeudi 19 janvier 2012

Amalgame ou juxtaposition, osmose ou dualité?



Amalgame ou juxtaposition, osmose ou dualité? Ce simple petit exercice visuel d'avoir mis deux toiles de deux séries différentes ensemble a allumé une petite lumière quelque part dans mon esprit.

Cette juxtaposition fonctionne. Et même j'ai l'impression que l'humain fait le lien avec toutes les séries.
En exposition, je n'ai jamais voulu mélanger les séries. J'ai horreur de l’éclectisme. Mais ici, cela crée un discours visuel qui m'interpelle, une mise en relation et aussi une mise en dualité.

Je commence à comprendre qu'au-delà de mes démarches, durant toutes ces années, il y a une démarche globale, sous-jacente, un dénominateur commun : l'association d'éléments innassociés.

Que ce soit en design, en littérature ou en peinture, je pense qu'inconsciemment je cherche toujours à mettre en association des éléments issus d'univers différents qui de prime abord n'ont pas de rapport direct. Les vélos et la culture, avec la ligne Urbanista et son blogue (http://opusurbanista.blogspot.com/), le roman et l'art, avec le triptyque de "Métal", de "Le pinceau d'ocre" et de "La dernière note".
Et en peinture, c'est en sorte la réponse visuelle de ces recherches de mixités. Dans la série mécanique, par exemple, c'est l'association de l’ingénierie et de l'art visuel, avec une grande part de sculpture en deux dimensions.

Alors avec ce nouvel exercice, je vois le modus operandi porté plus loin et mis encore plus en évidence.

La fatigue
acrylique sur toile - 2012
48" x 36" (121,9 cm x 91,4 cm)
série "Humains"
www.alec5.com


Hopper mécanique
acrylique sur toile - 2011
48
" x 24"
(121,9 cm x 60,96 cm)
série "Métal" www.alec5.com

mercredi 18 janvier 2012

Humanité


La fatigue
acrylique sur toile - 2012
48" x 36"
série "Humains"
www.alec5.com


Et bien, voilà, il fallait bien que je m'y rende un jour. Déjà le passage au figuratif, avec la série "Métal", avait pavé la suite de la démarche. Maintenant, tout en continuant d'observer la nature et le vécu des objets par leurs détails intimes, je veux voir l'humain, de son côté, en relation avec son vécu.

Évidemment, un corps exprime tellement plus facilement et clairement un état d'âme, une histoire... Début d'une série? Probablement. Et même peut-être, dans un avenir proche, une juxtaposition des deux séries... Sur la même toile? Pas tout de suite. Je verrais plutôt une mise en relation en faisant côtoyer des toiles des deux séries, dans le cadre d'une exposition. Ou peut-être des diptyques...
À suivre!

jeudi 12 janvier 2012

Le V.I.P. en images

Montage vidéo de Christian Lalonde de la soirée du V.I.P, le Virus d'Improvisation Pictural, du 5 janvier 2012 au Belmont, Montréal, avec le groupe ElektroPaint


Notez à 3:12 et à 4:17






Photos tirées du montage video

lundi 9 janvier 2012

Images du Marché CyclArt

Des images du Marché CyclArt, le 10 décembre 2011, où j'ai fait une peinture en direct...
Merci David C. pour le montage!



dimanche 8 janvier 2012

Le peintre dans l'aquarium



Jeudi 5 janvier, soir de mon anniversaire, je suis donc allé performer à la soirée "Virus d'improvisation picturale", le V.I.P.

Je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre. Je savais juste qu'on allait me placer dans la vitrine du Belmont. Je connaissais ce bar, mais je n'avais jamais prêté attention à sa vitrine. Je n'avais aucune idée de l'espace qui m'était offert et donc aucune idée du format de toile à apporter. L'équipe du VIP me fournissait une toile, mais je savais qu'en trois heures je pourrais en faire au moins deux, surtout dans un contexte de performance où la rapidité est le moteur créatif et si j'optais en plus pour de l'abstraction comme mode pictural.
J'ai donc pris plusieurs formats différents pour pouvoir m'adapter à la situation.

Et quelle situation!
Quand je suis arrivé sur place, j'ai réalisé que j'avais bien fait de me laisser des options. En fait, la vitrine était un véritable aquarium de 10 pieds par 3 dont l'entrée se faisait par une petite porte accessible uniquement en enjambant le comptoir du vestiaire d'entrée. Bref cela demandait un peu d'acrobatie. Exclu donc d'y faire entrer une toile géante de 4 pieds par 6 pieds, mon format de prédilection pour les performances de peinture en direct. J'ai plutôt combiné deux formats.
Une chance aussi que j'avais pris de l'éclairage. Panneau noir, plancher noir, plafond noir... Un gouffre. Je me suis installé.

À l'intérieur, les artistes des équipes d'impro et les musiciens s'installaient aussi. Les gens ont commencé à entrer. La salle s'est vite remplie. Et le coup d'envoi a été donné.

J'ai plongé dans mon aquarium. Je ne savais pas combien de temps il me faudrait pour sortir quelque chose de valable, car mon plan de match était qui si je voulais faire une pose pour aller faire un tour dans la salle et profiter un peu de la soirée avec mes amis, il fallait que je laisse un premier jet qui se tienne visuellement.

Être en vitrine donne une sensation différente que lorsque je peins en direct dans une salle où le contact avec le public est immédiat. Là, à part les "toc-toc" sur la vitre et des signes d'encouragement, je me sentais soumis au regard du passant qui, non averti devait se dire : "Mais qu'est-ce qu'il fout là? ". Donc, si j'avais laissé des ébauches solitaires, le passant aurait pu prendre cela pour un acte finalisé, puisqu'exposé dans une vitrine.

Les deux toiles ont du coup jaillis rapidement. Et étrangement j'ai réalisé que je n'avais jamais fait cela : faire une pause en pleine création. Je me suis dit : "C'est l'occasion de prendre du recule sur mon travail. Pour une fois il n'y aura pas de non-stop. Est-ce que ce sera pour le mieux?".

Je suis donc allé rejoindre mes amis et prendre une autre bière. C'était aussi pour voir ce qui se passait. Les deux équipes de peintres s'en donnaient à coeur joie. De plus, lorsqu'ils n'étaient pas sur la scène à interpréter les thèmes soumis par le maître de cérémonie, l'iconoclaste et déchainé Rock Larue, ils créaient des toiles sur les côtés de la salle. Bref, ça transpirait de la créativité de tous bords tout cotés.

À la fin de la mi-temps, je suis retourné dans mon aquarium, après être allé faire un tour dehors non pas pour aller m'en griller une (je ne fume plus depuis des années) mais pour voir l'effet de la vitrine dans la rue. J'ai aimé ce que j'ai vu. Pas nécessairement mes toiles, mais l'ensemble de la mise en scène. Cela faisait une belle vitrine.

D'ailleurs, certain magasin, boutique, restaurant ou même galerie, devraient avoir un peintre en direct. Cela pourrait sensibiliser le passant à l'art visuel. Je suis convaincu que de voir une œuvre se crée sous nos yeux, nous rapproche bien plus de ce que l'art tend à communiquer : l'au-delà de soit et de sa propre pensée. De voir un artiste dans son processus créatif démystifie l'inaccessibilité de l'art. C'est là qu'on peut dire que cela rejoint tout le monde de façon nettement plus tangible. Et je pense que c'est pour cela que j'aime de plus en plus faire des performances de peinture en direct.

Toutes les toiles de la joute, ainsi que les toiles en parallèle et les miennes ont été mises à l'encan à la fin de la soirée. Oh, bien sûr il s'agissait de petits prix, mais c'était pour le jeu et pour l'ambiance.

V.I.P Le Virus d'Improvisation Pictural
Tous les premiers jeudis du mois
4483 Boulevard St-Laurent, Montréal, QC H2W 1Z8

Site officiel :
www.virusdimprovisationpicturale.com

mardi 3 janvier 2012

V.I.P Le Virus d'Improvisation Pictural



Drôle de concept que d'avoir adapté les joutes de la ligue d'improvisation théâtrale à une version entièrement picturale (et musicale).
Deux équipes de peintres s'affrontent amicalement tous les premiers jeudis du mois, selon des thèmes soumis, plus farfelus les uns que les autres, par un maître de cérémonie déjanté, Rock Larue.

Et ce concept fonctionne très bien. Cela donne des soirées où la créativité sort de partout. Le tout enrobé d'improvisations musicales du groupe psychédélique Elektropaint.

Les oeuvres ainsi créées spontanément sont vendues à l'encan en fin de soirée.

J'aurai l'occasion d'y participer en tant qu'artiste invité. La coutume veut que l'on place l'invité dans la vitrine (!) du bar Le Belmont sur la rue Saint-Laurent où se déroulent ces soirées éclatées. J'avoue que lorsqu'on m'a proposé l’invitation et surtout expliqué le lieu où l'on me laisserait créer une ou des toiles en direct, j'ai eu une image d’Amsterdam... Mais bon, pourquoi pas? Je ne suis pas frileux et je me lance volontiers dans des projets qui peuvent avoir l'air casse-gueule. Enfin... frileux... j'espère qu'il ne fera pas moins dix dans la vitrine!

L'improvisation m'a toujours attiré, comme lorsque que je faisais de la musique. Le risque, le fil du rasoir, l'équilibre créatif... Zone d'inconfort qui pousse à se dépasser. Alors c'est ainsi que vous me verrez m’exhiber sans inhibition artistique dans une vitrine près de chez vous!

Les équipes du jeudi 5 janvier
LES RATS NOIRS ::Katherine Godbout, Jean-Christian Guindon, Diana Polizeno, Chloé Surprenant, Jaques Favreau
LES VERTS FUMÉS :: Dominique Desbiens, Philippe Morbidique Mayer, Nadine Samuel, Cedric Taillon, Sophie Wilkins


V.I.P Le Virus d'Improvisation Pictural
Le jeudi 5 janvier 2012
4483 Boulevard St-Laurent, Montréal, QC H2W 1Z8

Site officiel :
www.virusdimprovisationpicturale.com

V.I.P sur Facebook
Article de La Presse

samedi 24 décembre 2011

Les performances



Les performances sont devenues pour moi un palliatif de mon manque de la scène. J'ai arrêté de faire de la musique depuis quelques années, me rendant compte que toute l'énergie que j'y mettais m'empêchait d'avancer d'un point de vu créatif. Trouver des musiciens, faire faire des partitions, organiser des répétitions, trouver des diffuseurs, faire la promotion des spectacles, et (heureusement) interpréter et jouer mes chansons. Bref, trop d'énergie sur le contenant, pas assez sur le contenu. C'est ce qui a sans doute fait en sorte que j'y perde ma passion. Je ne dis pas que je ne referais jamais de la musique, mais sous une autre forme. Ce seront certainement des recherches de trames musicales, des transpositions de mes peintures en musique. Rien à voir avec le canevas pop des chansons que je faisais.
En plus, je ne suis pas un champion de la promotion. Je ne suis pas agent d'artiste. Et c'est certainement le cas de nombreux artistes. Artiste ou homme d'affaire? Être les deux serait évidemment l'idéal.

En transférant toute cette énergie dans la peinture (que j’exerçais déjà depuis des années), je me suis retrouvé. J'ai retrouvé les bases de ma créativité.

Mais pour en revenir à la scène, elle a commencé à me manquer. En fait, je ne m'en rendais plus compte jusqu'à ce que je commence à faire quelques performances. La musique, le public, l'échange... Donc désormais, ma pratique de la peinture compte trois volets : en atelier, en exposition et en performances.

C'est drôle, mais ce goût pour les performances vient d'une scène que j'avais écrite dans le roman "La dernière note". Je voulais vivre moi aussi cette expérience. Et c'est lors de l'exposition "rétrospective" à la Tohu que j'ai pu réaliser pour la première fois ce fantasme, alliant en symbiose parfaite musique et peinture. Quelque chose s'est alors déclenché en moi.
J'ai toujours aimé jumeler des éléments qui, a priori, n'ont pas de rapport direct entre eux. Comme vélo et art, musique et peinture, danse et sculpture...

Ce qui s'en vient pour 2012 risque d'être passionnant. Je veux aller encore plus loin. Un projet de fou, pour l'instant très embryonnaire, mais très concret dans ma tête. Une ou des nouvelles collaborations, des performances innovatrices, une approche radicale... À suivre.

mercredi 21 décembre 2011

Edward Burtynsky



Edward Burtynsky : Pétrole
Musée McCord
Du 6 octobre 2011 au 8 janvier 2012

«Une impressionnante exposition, composée de 56 photographies couleur, grand format, du renommé photographe canadien Edward Burtynsky, qui explore le thème du pétrole, ressource première fortement décriée, qui a façonné le monde contemporain. Les photographies proposent d'immenses paysages illustrant les lieux de production, de distribution, champs, sables et raffineries pétrolières, rarement vus. L'objectif de Burtynsky capture également les effets de l'exploitation pétrolière sur nos vies, son emprise et ses conséquences sur les gens, les villes, les paysages et l'environnement. Ces magnifiques images sont porteuses d'un message social et écologique qui dérange et qui fait réfléchir.»
Source musée McCord

Images

lundi 12 décembre 2011

Marché CyclArt - suite








Samedi dernier c'était la première du Marché CyclArt, organisé par Cyclonordsud. Cyclonordsud est un organisme qui récupère et répare des vélos usagés et les envoie par conteneur en Amérique du sud.
Cyclonordsud organisait ce premier événement pour non seulement faire connaître leur entreprise, mais aussi pour faire se rencontrer des artistes et des artisans qui utilisent le vélo dans leur création.

L'artiste vedette était Armand Vaillancourt, le sculpteur. Pour ceux qui le connaissent, ils savent que l'artiste est tout un personnage, haut en couleur. Et ce soir-là, il n'a pas failli à sa réputation. Dans un vacarme de métal, avec l'aide de deux complices, il a monté une pièce en amalgamant des dizaines de vieux cadres de vélo et de roues fatiguées. Sacré bonhomme de 83 ans, pétant de forme et de créativité.

Pour ma part, on m'avait invité à faire une peinture en direct sur le thème du vélo. Je suis donc arrivé avec mon "setup" habituel, mon vieux et énorme chevalet, ma toile de 4' x 6', mais aussi une toile à présenter et un des cadres du défunt projet ArtBike.

J'aime de plus en plus faire des performances. Même si, cette fois-ci, je ne suis pas content du résultat, j'ai aimé pouvoir échanger avec les gens et discuter de peinture, d'architecture et d'art. Ce qui compte avant tout, c'est de pouvoir peindre dans une ambiance festive et créative.

Merci à Claude et Lucie et toute l'équipe de Cyclonordsud pour l'invitation.

Prochain rendez-vous, le 5 janvier, au Belmont...dans la vitrine...!!?