vendredi 7 septembre 2007

La lumière au bout du tunel


Opus Stakh III 2008 - vélo de VTT double suspension
photo ; Marc Dussault

La lumière au bout du tunel

J'arrive enfin au bout de ma période la plus dense de l'année. Mon travail de designer me prend toute mon énergie. C'est l'aboutissement (chaque année depuis sept ans) d'une année de travail et de création. Et de ce long labeur résulte une nouvelle collection complète de vélos de route et de montagne Opus, accompagné de la production d'un catalogue, d'annonces, d'affiches, de site internet et autre supports promotionnels.

C'est aussi le grand lancement annuel de cette ligne de vélo qui se déroulera au Salon ExpoCycle à la Place Bonaventure, du 6 au 11 septembre 07.

Chaque année c'est pour moi un défi de recréer, dans une certaine continuité, le style de la marque.
À l'instar des grandes marques automobiles européennes, j'ai toujours essayé de trouver un fil conducteur, une ligne commune, une esthétique identifiable pour toute la gamme, qui était jusqu'à peu, uniquement consacrée aux vélos de route.
Depuis l'arrivée des vélos de montagne, en 2006, j'ai voulu casser le moule et donner à cette catégorie une saveur particulière. Cela m'a aussi donné l'occasion d'exploiter de nouveaux thèmes graphiques, de nouvelles couleurs. Des couleurs et des formes qu'il est plus difficile d'utiliser pour la clientèle de route plus conservatrice. Le milieu du vélo montagne est plus débridé, plus collé aux tendances graphiques actuelles que l'on peut retrouver dans le milieu musical, ou urbano-graphique, ou même dans celui des planches. Non, pas celles du théâtre, mais celles du surf, du snow, ou du skate!

Chaque année, juste après ledit lancement, arrive une période de trac : « Et maintenant, comment faire mieux? ».
Mais, à ce moment, j'ai le temps de me ressourcer.

Voilà entre autres pourquoi je ne peins plus durant cette période.
Mais la peinture n'est vraiment pas loin, ne serait-ce que pour le projet de cadre d'art Maadh 08 ou le cadre d'art Maadh 07.
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mercredi 5 septembre 2007

C'est en forgeant qu'on devient forgeron



C'est en forgeant qu'on devient forgeron

En lisant l'excellent texte de Foglia La maman de Marius (01.09.07), où une mère s'indigne, à très juste raison, des fautes de français de l'institutrice et, se plaignant au directeur, celui-ci lui répond que de toute façon, cette institutrice a une excellente formation pédagogique, cela fait bien réaliser que l'académisme ne remplace pas l'apprentissage, que le contenant ne valide pas le contenu, que l'étude n'égalera jamais l'expérience.

Je veux dire par là qu'il y a une foule de personne qui se targuent de connaître à font l'orthographe, par exemple, et ses nombreuses règles contradictoires, sans pouvoir, pour autant, écrire la moindre ligne de leur propre chef, sclérosées par l'angoisse de la faute, qu'il y des musiciens classiques qui savent lire la musique comme on lit un livre, mais qui sont incapable d'improviser, privés de leurs partitions, qu'il a des infographes qui connaissent leurs programmes informatiques sur le bout des doigts, mais qui ne sont pas foutu de dessiner le moindre petit bonhomme.

Faut-il savoir dessiner pour être un artiste visuel? Certains me diront que non. Et ils auront peut-être bien raison. Regardez les artistes conceptuels : ce sont souvent des gens qui ne savent même pas dessiner. Mais un architecte, encore par exemple, qui ne sait pas dessiner (et ça existe!), je trouve cela très inquiétant! Il est évidemment très important, dans ce cas, de savoir parfaitement bien calculer, mais une forme disgracieuse est souvent une forme déséquilibrée, et donc instable! Alors que vaut une somme considérable de chiffres si le résultat ne tient pas le regard?

Dans chaque domaine, il y a une somme d'expériences qu'il est incontournable d'acquérir. Et cette expérience n'est évidemment pas dans les livres, ni dans les cours, mais bien sur le terrain. "C'est en forgeant qu'on devient forgeron", cette expression dit tout.

Alors, lorsqu'on est rendu au point de vouloir enseigner, c'est d'une transmission de savoir et d'expérience dont il est question, pas seulement d'une bonne formation en pédagogie.
Ce qui est pitoyable est de constater le nombre d'enseignants ignares, incultes et fonctionnaires qui "forment" nos enfants. Et surtout, doit-on s'inquiéter des nombreuses réformes de l'éducation qui nivellent par le bas la culture générale, afin de diminuer les statistiques d'échecs.

L'autodidacte aura toujours une avance sur l'académique. Il saura tirer une expérience bien plus enrichissante de ses échecs que l'étudiant formaté à l'apprentissage automatique du "par coeur" ou du "c'est comme ça", sans résonnement propre.

Je me suis toujours dis que si on avait envie de faire quelque chose, en fait, de créer quelque chose, il fallait se lancer, sans pudeur, quitte à se casser la gueule. Pour cela, j'ai essayé toute sorte de choses : la musique, la peinture, l'écriture, le design, etc.
Je ne sais pas lire la musique. Qu'importe! J'ai écouté et petit à petit j'ai créé des pièces. Je suis pourri en orthographe. Qu'importe! J'ai eu envie de raconter des histoires, et je les ai écrites. Je n'ai pas fait de grandes écoles de design (ni de petites d'ailleurs!). Qu'importe! J'avais envie de dessiner. J'ai donc dessiné et suis devenu designer!
Et rien ne m'empêcherait de faire un film, une sculpture, une pièce de théâtre, ou que "ne sais-je pas" encore!
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vendredi 24 août 2007

Opus Maadh - cadre d'art


Ça y est, le cadre Maadh 08 de Opus est arrivé!

Tout comme l'an passé, Opus m'a proposé d'appliquer une de mes toiles sur l'un des cadres de vélo de montagne, le Maadh .
La technique est un transfert photographique d'un montage d'éléments de l'image de la toile originale (ci-dessous), sur une micro-pellicule, appliqué en décalcomanie puis recouvert d'un vernis satiné et cuit au four.

Ce cadre sera présenté aux détaillants Opus, à l'occasion du salon professionnel ExpoCycle de Montréal, à la Place Bonaventure, du 6 au 11 septembre 07. J'espère qu'il va faire des ravages avec sa peinture originale, tout comme son prédécesseur de 2007.

Il sera aussi présenté, avec le modèle 07, à mon exposition à la TOHU, de mars à mai 2008.


Le savant fou
acrylique sur toile - 1991 - 36" x 48" (61,0 cm x 121,9 cm)

série "Mécanique"
www.alec5.com

mercredi 22 août 2007

In Situ


Le balancier
acrylique sur toile - 2004 - 48" x 14" (121,9 cm x 35,6 cm)

série "Formes noires"
www.alec5.com

In Situ
ou l'intégration parfaite.

Sur mon site www.alec5.com, il y a une section, dans "peinture" qui s'appelle "photos In Situ"
(In Situ, latin, en situation, en contexte, sur place.)
J'ai proposé aux propriétaires de mes toiles, de les prendre en photos, chez eux, et de pouvoir les publier sur mon site, afin de voir comment s'intègrent mes oeuvres dans leur environnement.

Dans le cas de cette toile (Le balancier), je dois dire que l'intégration est parfaite et originale. La première photo illustre la première vision que vous pouvez avoir en entrant chez ces gens.
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dimanche 19 août 2007

Reproductions


Carapace
1991 - 48" x 24" (121,9 cm x 61,0 cm) série "Surfaces"
impression sur canevas - 24" x 12" (61,0 cm x 30,5 cm)


Voilà un autre moyen de rendre mes toiles plus accessibles :
Les reproduire sur canevas, en petit format de 24" x 12" (61,0 cm x 30,5 cm)

Pour une première expérience, 5 de mes toiles, de la première période (90-91), sont maintenant disponibles, au coût de 35 $ chacune, chez :

- Galerie Bégin, à Montréal, 350, St-Paul Est #245, dans le Marché Bonsecours, 514 398-0720
- Galerie Bégin, à Québec, 83, Petit-Champlain, 418 837-2449
ou, directement par l'éditeur :
- Bégin Édition, 418 837-2449 infogaleriebegin@qc.aira.com


Gondoles et Gondolées
1991 - 48" x 24" (121,9 cm x 61,0 cm) série "Mécaniques"
impression sur canevas - 24" x 12" (61,0 cm x 30,5 cm)



Rose du temps
1991 - 48" x 24" (121,9 cm x 61,0 cm) série "Mécaniques"
impression sur canevas - 24" x 12" (61,0 cm x 30,5 cm)
(à venir)



Port du nord
1991 - 24" x 48" (61,0 cm x 121,9 cm) série "Mécaniques"
impression sur canevas - 12" x 24" (61,0 cm x 30,5 cm)
(à venir)



Les brumes de l'ancienne cité
1990 - 24" x 48" (61,0 cm x 121,9 cm) série "Surfaces"
impression sur canevas - 12" x 24" (30,5 cm x 61,0 cm)
(à venir)

jeudi 16 août 2007

Tu as un Corneau? Moi j'ai une Mini et un iPod



Tu as un Corneau? Moi j'ai une Mini et un iPod
Le marché de l'art

[...] Même si le Québec regorge de galeries et d’artistes, le marché de l’art est en déclin à Montréal. C’est que Montréal n’est plus la capitale économique du Canada depuis belle lurette, si bien que, à tort ou à raison, le marché de l’art a accompagné l’argent à Toronto. [...]
Martin Bisaillon, Le journal de Montréal

[...] Historiquement, l’art et son marché ont toujours suivi les capitaux, que ce soit à Florence au 15e siècle, aux Pays-Bas au 17e siècle ou à New York après la Seconde Guerre mondiale. [...]
Paul Maréchal, spécialiste en marché de l’art et conservateur de collection

Qu'est-ce que le marché de l'art? Les encans prestigieux où se vautrent des fortunes en quête de trésor à convoiter? Des gros galeristes investisseurs ou receleurs, qui font la pluie et le beau temps artistique? Ou est-ce des amateurs d'art, des amoureux culturels, des galeristes passionnés, des conservateurs et des commissaires qui considèrent l'art comme un véritable sacerdoce? Ou est-ce tous simplement des gens qui découvrent des oeuvres et qui se les approprient pour ce qu'ils pensent être les bonnes raisons?
Tout cela à la fois, me répondriez-vous. Évidemment.
Mais où est l'artiste?

Lorsque j'entends parler de marché d'art, j'entends toujours un énoncé de chiffres et des noms d'artistes, effectivement, mais cité comme on cite le nom d'un produit à la mode.
« Tu as un Corneau? Moi j'ai une Mini 2008 et un iPod 30 Go.»

Ah! La valeur d'un artiste! Le seul moyen qu'il nous est donné de l'évaluer est par référence monétaire. Et je ne vois pas, effectivement, comment être plus simple et normatif. On ne va pas inventer des étoiles (ou des pinceaux) pour coter l'oeuvre d'un artiste.

Un artiste existe-t-il sans ce fameux marché de l'art? Je n'ai pas de réponse. Je reformule : Un artiste peut-il exister sans ce fameux marché de l'art? Je ne le crois pas. Et même si un artiste se développe par lui même et, que par bonheur, ses oeuvres se vendent si bien qu'il peut espérer en vivre, pour que sa "carrière" tienne le coup, peut-il naviguer hors des eaux (peut-être trouble) du marché de l'art? Je n'en ai aucune idée. Il existe probablement plusieurs cas d'artistes qui ont fait des carrières hors piste. Mais même en hors-piste, on skie sur de la neige, même en navigant en solitaire, on est tributaire des mêmes vents et des mêmes courants marins que tout le monde.

Et les artistes qui sont à contre-courant? À mon sens, ils pagayent plus fort et dépensent plus d'énergie.
Et les artistes d'avant-garde? Ah! Les chanceux! C'est tout le contraire! Des vrais "surfeurs"!
Et moi, et moi, et moi? (Dutronc). Je ne sais pas et je ne cherche pas vraiment à savoir. J'avance à mon rythme, même si je rêve de vent plus fort pour pousser mes toiles... heu, mes voiles!!
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lundi 13 août 2007

Les conceptuels ne foutent rien.

C'est drôle, mais à force de ne pas peindre ces temps-ci, je me mets à réfléchir. Beaucoup réfléchir. Sur le pourquoi de peindre, sur ma propre peinture, sur les thèmes de celle-ci, sur l'art en général, et blabla...
C'est, de mon point de vue bien sûr, bien la preuve que les conceptuels ne foutent rien. Lorsqu'on crée vraiment, on n'a pas le temps de réfléchir.

Bien sûr, je reconnais que la réflexion a du bon, que la prise d'un certain recul peut être salutaire, que la prise de conscience peut élever l'âme. Mais il est facile de s'empêtrer dans cet état. "Grand parleur, petit faiseur" dit-on. Cette sagesse populaire résume parfaitement le fait.

Il me brûle d'aller dévaliser le magasin de canevas. Qu'est-ce qui m'en empêche? Rien et tout à la fois. Rien de concret, rien d'insurmontable, mais tout ce qui peut distraire. Entre autres : l'été. L'été oblige un rythme différent. Pas moins lent, pas plus rapide, mais tellement différent. On se retrouve à sauter sur la moindre occasion d'en profiter. D'autant plus que cet été n'est pas particulièrement clément météorologiquement parlant. L'été, c'est aussi les travaux d'extérieurs à finir... Alors, me cloîtrer dans mon atelier de sous-sol, ne m'attire pas vraiment. Mais peindre m'attire!
Je ne suis créatif et prolifique que l'hiver.
Peut-être que si je construisais cet atelier utopique sur mon terrain... Utopique, car la réalité me contraindrait aux règlements municipaux, au type, aux coûts et aux délais de construction, à la diminution de la surface du terrain, à la vie courante à assumer...

Il ne me reste qu'à justifier mon farniente en palabrant sans fin sur l'acte de peindre, sur le concept même de la peinture.
Vraiment, être conceptuel, ce n'est pas fatigant.
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vendredi 10 août 2007

Boris Cyrulnik - le bonheur

Je viens de revoir une entrevue de Boris Cyrulnik, auteur de "De chair et d'âme", faite par la télévision de Radio-Canada.
Ce neuropsychiatre prêtant que le bonheur serait en grande partie biochimique, et qu'il est possible d'en contrôler du moins une partie, en sécrétant le plus de sérotonine possible! Comment? En étant heureux! Ok, ok, c'est un cercle vicieux, ou vertueux. Il est probablement difficile d'atteindre ce bonheur comme cela, en claquant des doigts. Toutefois, Cyrulnik, dans cette entrevue, faisait la convaincante démonstration que les relations sociales, l'apport culturel, sensoriel, sont des facteurs susceptibles de nous faire sécréter cette fameuse sérotonine, substance qui facilite la conduction synaptique, c'est-à-dire la "conversation" de nos neurones. Bref, le bien-être de notre cerveau, de nos idées et donc, de notre corps.

Cela rejoint, quelque part, mon questionnement à savoir si le fait de créer libérait des substances dans notre corps (La nécessité de peindre, 30 juillet 07). Je parlais d'endorphine. Finalement il semble que la sérotonine est la substance concernée. Cela expliquerait aussi cet état d'éveil et d'apesanteur lorsque l'on crée.

Suis-je alors un accro de la sérotonine? Mon mal de ventre, mon impatience lorsque je n'ai pas créé depuis quelque temps, serait en fait un véritable état de manque?
Et alors, LA question : Suis-je malheureux lorsque je ne crée pas?
Pas aussi heureux que lorsque je crée, mais de là à me dire "malheureux"? Non! Je ne me considère pas du tout comme un artiste tourmenté, loin de là!
Et alors, L'AUTRE question : Doit-on être malheureux pour pouvoir créer des choses remarquables? À voir la majorité des artistes, on serait porté à le supposer. Mais je ne le crois pas du tout. Bien sûr, pour beaucoup, le bonheur n'a pas d'histoire. Pour preuve, les nouvelles journalistiques : un chapelet de malheurs.
Pourtant, il y a bien des artistes qui ont plané sur une sorte de bonheur relatif : Riopel, Pelland, pour ne citer que deux artistes d'ici. Pour certains, le bonheur n'a pas de profondeur. Il n'a au moins pas d'abysse sans fond.

On m'a déjà fait remarquer que ma peinture était sombre et troublée, voire troublante. Peut-être. Mais je ne me sens pas sombre et troublé en la créant. Le noir est, dans notre société, associé à la mort. Ce n'est qu'une convention chromatique, comme toutes les associations couleur-humeur.
Le noir, pour moi, c'est la profondeur, l'insondable, l'espace suggestif.

Entrevue télé de Boris Cyrulnik (Radio-Canada)
Entrevue radio de Boris Cyrulnik (Radio-Canada)

jeudi 9 août 2007

Dans la série : Ça ne date pas d'hier! (3).

J'avais un an... Et déjà le goût profond de la peinture! Si profond que j'y ai plongé la main.

Alors allez-y avec les expressions consacrées :

«Il est tombé dedans quand il était petit.»
«Mettre la main à la pâte.»

Trouvez-en d'autres...
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Ça ne date pas d'hier! (2)
Ça ne date pas d'hier! (1)

lundi 6 août 2007

Contemporanéité


Cheminées en réflexion II
acrylique sur toile - 2007 - 40" x 30" (101,6 cm x 76,2 cm)

série "Usines"
www.alec5.com

Contemporanéité

Le plus difficile, pour un créateur, est de voir son oeuvre par elle même. En science, on considère que le fait de pouvoir observer un phénomène modifie déjà son état, et donc l'observation qu'on peut en faire.
Je ne suis alors pas la personne requise pour observer et comprendre mon oeuvre dans sa contemporanéité.
En fait, je dis cela suite à une remarque qui me fait encore réfléchir aujourd'hui : « Tes toiles sont contemporaines, mais pas nécessairement "actuelles" ».

...Contemporaines, mais pas nécessairement "actuelles" ... Même si je peux saisir le sens de cette remarque, je ne pourrais jamais saisir ce même sens face à mon travail. Mes sources culturelles sont-elles si inscrites dans le passé? Et de quel passé s'agit-il?

Si un critique d'art passait par là (ce blogue), je serais curieux de connaître son point de vue, je serais curieux et très intéressé de savoir où et quand il situerait mon oeuvre.
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dimanche 5 août 2007

"La première fois! "


Industrie
acrylique sur toile - 2005 - 36" x 24" (91,4 cm x 61,0 cm)

série "Formes noires" www.alec5.com

"La première fois!"

Pourquoi peindre? Ah! Encore la question. Pourquoi l'art? Est-ce une action sociale?
Il est arrivé à trois reprises que quelqu'un m'achète une toile en me disant, tout heureux : « C'est la première fois que j'achète une oeuvre d'artiste. »

"La première fois!"
Non seulement cela me touche énormément, mais c'est là que je me dis que mon travail sert à quelque chose. C'est le contact, peut-être même le premier contact avec l'univers artistique. Et comme je le dis toujours : « Une fois qu'on a habillé un mur, il est impossible de le déshabiller. Et les autres murs paraissent soudainement vides. La contamination artistique est irrémédiable. Ce virus risque de vous envahir de plus en plus. »

"La première fois!"
À cause de moi? J'aimerais le croire. C'est possible. Mais je suis sûr que c'est le résultat d'un cheminement personnel et qu'à l'issue de ce cheminement, la personne soit tombée sur mes toiles est une chance pour moi. Cela aurait pu être les toiles de quelqu'un d'autre. L'important c'est ce contact.

C'est aussi à cause de ces "premières fois" que j'ai décidé de monter ce blogue, pour garder un certain contact, que la toile ne soit pas qu'un simple objet décoratif anonyme.
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lundi 30 juillet 2007

Nécessité de peindre?



Nécessité de peindre?

En fait, ce n'est pas la nécessité de peintre qui me pousse à peindre. C'est plutôt le besoin viscéral de créer. Viscérale, car si je ne crée rien durant plus de deux semaines, j'en ai mal au ventre, comme une faim qui ronge les entrailles. Je deviens plus impatient, plus déprimé. C'est vraiment un effet physique. Je n'ai jamais su pourquoi et comment ce besoin de créer jouait sur mes hormones, car il s'agit bien de biochimie.
Ce serait un sujet d'étude scientifique très intéressant, inusité. Je lance l'idée à tous ceux pour qui l'art est un univers incompréhensible, pour qui les artistes sont des extraterrestres!

La création libère-t-elle des subtences dans le corps?

Je serais porté à le croire, car, lorsque je crée, l'effet "endorphine" est réel. En plus, plus besoin de manger, plus besoin de dormir. L'état d'éveil est si intense que l'oeil acquière une acuité hors de l'ordinaire. La suggestivité de la pensée, lors de l'acte créatif, est telle qu'il m'arrive de changer de réalité. « Pas besoin de drogue! » dirait l'autre. Non, mais je suis sûr que je testerais positif! Positivement créatif!
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jeudi 26 juillet 2007

Pourquoi pas la sculpture?


Échafaudage 4
acrylique sur toile - 1991 - 48" x 24" (121,9 cm x 61,0 cm)
série "Structures"
www.alec5.com

Pourquoi pas la sculpture?

Oui, cela m'attire. Le "vrai" tridimensionnel est une chose fascinante. Pourvoir créer dans l'espace, pleinement. Jouer avec les volumes et les vides, les ombres et les lumières...
J'ai déjà essayé, par le passé, de faire des (grandes) maquettes de ce qu'aurait pu être ma peinture en trois dimensions.
À l'époque, en 90-91, j'explorais le thème des "Structures" en peinture. J'avais eu le goût de transcrire ce que je faisais en sculpture. Cela avait donné quelques résultats qui me plaisaient. Mais comme la finalité de ces sculptures imposait le métal et la soudure au chalumeau, j'en suis resté au stade de maquettes en bambou et plaques d'acier galvanisé.

Il y a quelque chose qui me fascine dans l'idée de transcrire un thème d'un médium à l'autre. Présentement, je pense à transcrire les "Formes noires" en musique! L'écart semble bien plus grand que de la peinture à la sculpture. Mais finalement, ce n'est pas si loin. Ne vous est-il jamais arrivé d'entendre une sorte de musique en voyant une oeuvre d'art?
Cette musique, si je me lance dans cette direction artistique, se rapprocherait probablement plus de la musique de film.

mardi 24 juillet 2007

La perspective sans point de fuite


Le canal
acrylique sur toile - 2007 - 36" x 20" (61,0 cm x 91,4 cm)

série "Formes noires"
www.alec5.com

La perspective sans point de fuite

La perspective sans point de fuite, sans lignes convergentes. Réussir à donner la profondeur par sa simple évocation.
Comment?
Par la disposition des tons? C'est peut-être déjà une avenue à suivre. En effet, la profondeur de champs d'un paysage peut s'exprimer par effet de camaïeux, en éclaircissant les plans "arrières" par rapport aux plans "avants".
Par les flous et les nets? C'est aussi une possibilité. C'est un peu plus "photographique" comme approche.

En fait, sans vraiment en être conscient, je pense que j'utilise ces méthodes pour laisser une sorte de perspective suggestive à mes toiles. Ainsi je laisse l'observateur se placer dans l'espace proposé.

N'est-ce pas là l'essence même de l'abstraction? Faire abstraction?
Alors je fais abstraction de la perspective telle que construite selon les conventions académiques.
Est-ce une règle? Non, juste un besoin de liberté. Et si c'en était tout de même une, je me permettrais de la transgresser n'importe quand.
Est-ce nécessaire? Rien n'est nécessaire que ce que l'on désigne comme tel. Même peindre...
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lundi 23 juillet 2007

Dans la série : Ça ne date pas d'hier! (2)

Aah! Les après-midi ensoleillés à la campagne, alors que les adultes cuvaient leur vin en ronflant, je passais des heures à m'aveugler sur un canevas blanc...

1974, Montagnet, Haute-Savoie, France.

Ça ne date pas d'hier! (1)
Ça ne date pas d'hier! (3) 

jeudi 19 juillet 2007

Bidimensionalité


La cheminée à deux doigts
acrylique sur toile - 2007 - 14" x 18" (35,6 cm x 45,7 cm)

Série "Usines"
www.alec5.com

Bidimensionalité

Pour continuer ma réflexion sur l'acte de peindre (Réflexions, 10 juillet 2007).

J'ai toujours été dérangé par les peintures figuratives sur les carrosseries d'automobile. Non seulement, la plupart du temps elles sont franchement kitschs, mais une carrosserie est une surface sculpturale, et une image anecdotique n'y a pas sa place. Le soutien graphique, par des lignes, des surfaces et autres, accentuant ou soulignant tel ou tel détail de la carrosserie est, pour ma part, bien plus intéressant. Quoiqu'en général, une belle carrosserie n'a nullement besoin de graphisme additionnel.

La photographie est une fenêtre sur la vie, le monde, les gens, etc. La photographie, qu'elle soit réaliste, journaliste, ou transformée, traitée, reste l'expression d'une image réelle, une vérité figée et explicite.

Je vais sûrement me mettre à dos certaines personnes, mais les représentations figuratives en peinture, même impressionnistes, expressionnistes, fauvistes, ...iste cetera, ne sont que des ersatz de ce que peut être une image photographique.
D'autant plus la peinture photoréaliste est pour moi qu'une simple (enfin... difficile) prouesse technique, certe virtuose, mais ennuyante a la fin. Comme un solo de guitariste ou de batteur à l'ego démesuré. J'étais très impressionné par ces peintures, dans les années 70-80, mais aujourd'hui...
Haa! Les années 80... Pouach!
Mais je m'égare.

Cela ne veut pas dire que je n'apprécie pas l'image. Bien au contraire. Elle est le support principal de l'émotion picturale. Mais je préfère de loin l'image bidimensionnelle car elle laisse à l'observateur la possibilité de créer sa propre perception de la perspective. J'ai essayé, par le passé, certaines formes figuratives, mais elles me limitaient, elles me contraignaient à suivre le sens de l'image tel qu'on puisse la comprendre. J'ai voulu me libéré de cette contrainte.

La surface! Une toile est une surface. Elle se place sur un mur. L'une et l'autre sont planes. Bien sûr, il y a des peintres qui exploitent à merveille la texture de la peinture, l'épaisseur du médium. Au mieux. cela frôle le bas relief, mais cela reste tout de même bidimensionnel.

L'acte de peintre prouve par lui-même qu'il s'agit de bidimensionalité. Point.
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mardi 17 juillet 2007

Dans la série : Ça ne date pas d'hier!



Peindre par terre (2)

La preuve que ça ne date pas d'hier ma façon de peindre par terre. (voir billet du 30 mars 2007)
Pouvoir prendre toute la place, ne pas être restreint par un chevalet, par les rebords d'une table...

Ça ne date pas d'hier! (2)
Ça ne date pas d'hier! (3)
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jeudi 12 juillet 2007

Vous avez dit : un atelier?



Ma période 90-91, de la série des "Mécaniques", a été la plus intense. Ce n'était pas pour rien qu'elle s'appelait "Mécaniques", car mon atelier recevait autant la création de nouvelles toiles que la re-création de vieilles motos. (J'habitais au 2e d'un triplex!).

En fait, à cette époque, je m'épanouissais dans les deux. Autant je me découvrais dans une peinture beaucoup plus personnelle, autant je découvrais complètement la mécanique et son impitoyable logique. Autant l'une me poussait à la subjectivité, autant l'autre à la parfaite objectivité. Et N'allez pas croire que j'étais un "gars de bécyque!", pas du tout! En fait il s'agissait d'une transposition sculpturale. Mais, tant qu'à faire, pourquoi ne pas rendre ces sculptures utiles et mobiles.

Ai-je encore les cinq motos et un véritable magasin de pièces bien classées dans mon appartement? Où mettrais-je toutes mes nouvelles toiles? Non, ces mécaniques tridimensionnelles sont parties. Aujourd'hui je rêve bien plus d'un sympathique petit scooter, d'une petite Vespa pleine d'allégresse, de légèreté et d'économie!

Reste les toiles de cette époque qui feront l'objet de l'exposition à la TOHU, en 2008.


Le savant fou
acrylique sur toile - 1991 - 48" x 36" (121,9 cm x 91,4 cm)

série "Mécaniques"
www.alec5.com

Le cheval à piston
acrylique sur toile - 1991 - 40" x 30" (101,6 cm x 76,2 cm)

série "Mécaniques"
www.alec5.com

mardi 10 juillet 2007

Réflexions


test par ordinateur - 2007

Je crois que je comprends maintenant pourquoi je n'ai que très peu utilisé la perspective en peinture. Pour ma part, la peinture est un acte bidimensionnel. Ce qui résulte de cet acte est une expression de surface, une toile. Autrement, je sens que cela se rapproche plus de l'ordre de l'illustration, voire de la photographie.
Je ne suis pas désintéressé par la profondeur, mais l'étendue de la surface me donne une "plage" d'expression directe, manuelle, éliminant tout artifice que peut engendrer le besoin de créer une image tridimensionnelle sur une surface qui ne l'est pas.

Aïe! Deviendrais-je conceptuel? Non, je ne fais que cerner l'une des raisons qui me pousse à peindre. Le plaisir de la surface.
Reste probablement à identifier les autres raisons, mais élaborer cette réflexion échafauderait peut-être plus de justificatifs que de raisons réelles.

Pourquoi soudainement une telle réflexion? Probablement parce que c'est l'été (ou ce qui semble l'être). En fait, je me rends compte, depuis toutes ces années, que ma période féconde en création est l'hiver et que lorsque le temps s'adoucit, je sors de ma tanière et je passe à autre chose.
J'ai toujours une sorte de culpabilité à ralentir mon rythme, comme si quelque chose allait m'échapper.
C'est peut-être le cas, mais je ne le saurais jamais.
Quoi qu'il en soit, sitôt le froid revenu, le feu se rallume et une kyrielle de toiles émergent! (Au secours! Je n'ai plus de place!)

À l'issue de ces périodes intensives de création, une bifurcation s'opère à chaque fois, et l'engagement soudain sur une voie différente me pousse à faire une pose et observer mon travail sans plus rien toucher. Cette fin de saison, ce fut la découverte des cheminées.
Mais, contrairement à ce qui semble être devenu une tradition, ces images me stimulent à continuer. Plus lentement, mais de façon certaine.

J'ai classé finalement la toute dernière toile Structures industrielles dans les hors-séries, du fait de sa composition perspective.
Si la tendance des cheminées se défini plus qu'actuellement, je créerais probablement une nouvelle série, différenciée des "Formes noires". Mais pour l'instant, ces cheminées sont si proches des dites formes noires, que je les laisse vivre en cohabitation, peut-être pour voir où cela me mènera.
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samedi 7 juillet 2007

Le point de départ


American Fields
acrylique sur toile - 1991 - 34" x 48" (121,9 cm x 121,9 cm)

série "Mécaniques"
www.alec5.com

Le point de départ

En 90, alors qu'une récession faisait quelques victimes sur le marcher du travail, je fus parmi tant d'autres à perdre mon emploi pour raison "économique". Profitant de cette mise à l'écart forcé, je fis un bilan de mes années professionnelles en publicité. Le résultat, ou plutôt le constat, fut qu'un certain raz-le-bol s'était installé depuis quelques temps et que cet arrêt était probablement une aubaine pour me ressourcer.

Je n'avais jamais "vraiment" peint. À part l'illustration, le dessin, je n'avais jamais exploré la peinture à fond. Concours de circonstances, ma blonde de l'époque me quitta (enfin... c'était très réciproque finalement!). Elle était sculpteure et céramiste. Artiste, quoi!
Moi, de mon côté, pour ne pas marcher dans ces platebandes, je m'étais toujours interdit, en quelque sorte, de plonger dans les arts visuels. Mais cette liberté soudaine, d'emploi et de blonde, faisait de cette voie artistique, un chemin désormais incontournable. Alors ce fut le début d'un long voyage pictural.

Après avoir fait quelques essais plutôt lamentables, coincé de maniérisme de graphiste, de contrôle technique et autres tares qu'une formation académique put engendrer, je me suis progressivement affranchi de ces règles et ait libéré ma main de contrainte esthétique. Ce fut long. C'est probablement pour cette raison que toute la première série, peinte sur d'immenses panneaux de poussière de bois compressé, je ne l'ai pas gardé. D'abord parce qu'elle était bien trop lourde à transporter et à entreposer, mais surtout parce que les thèmes étaient d'une telle violence (fallait que ça sorte!) que je ne les aurais pas vraiment revendiqués.
C'est avec la série des "Surfaces" que je me suis retrouvé. Puis "Structures" et "Mécaniques".
L'hiver 90-91 fut une explosion de création.
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