mardi 26 février 2008

Art mural



Art mural

Une compagnie montréalaise mu-art.ca, m'a demandé si je connaissais l'art mural.
Non, mais ça m'a chatouillé l'esprit. Toujours partant pour de nouveaux projets, je me suis imaginé en train d'exécuter une oeuvre gigantesque dans les rues de Montréal.

Ah! Mais on ne s'improvise pas muraliste comme cela! Tout d'abord, comment transcrire le style pictural, comment reproduire le "brossé", la texture, la "mouture" de couleur de mes toiles? C'est peut-être impossible. À moins de faire une reproduction numérique géante.
Bref, me visualisant sur un échafaudage, en train de m'évertuer à vouloir reproduire une de mes toiles sur trente pieds de haut, je me suis essoufflé, rien qu'à y penser. Mais la vision d'un probable résultat me pousserait à vouloir tout de même tenter l'expérience.
..avec l'aide de muralistes aguerris, bien sûr!

Et puis, je me suis dit que ma série des "Usines" pourrait bien se prêter à l'intégration urbaine, surtout dans St-Henri ou Pointe St-Charles... Ce serait comme faire écho à ces vieilles usines disparues de ces quartiers industriels qu'on transforme de plus en plus en condominiums de luxe.
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vendredi 22 février 2008

Pourquoi l’usine?


Petite usine verticale
acrylique sur toile - 2007 -
36" x 18" (91,4 cm x 45,7 cm)
série "Usines" www.alec5.com


Pourquoi l’usine?

En fait c’est plutôt l’industriel qui me fascine. L’industriel est devenu le reflet tangible de notre société. Auparavant, avant 1900, c’était les arts. Celui-ci est devenu « appliqué » alors que l’essor de la machine changeait la face du monde. L’architecture est devenue industrielle, les objets, autrefois issus de la main des artisans, sont devenus industrialisés. Nos méthodes, nos pensées, nos visions se sont teintées de normalisation.

Au début du vingtième siècle, l’industriel se valorisait encore d’art. On n’a qu’à voir des grandes réalisations de cette époque : la tour Eiffel et le palais Garnier, à Paris en sont de bons exemples. Mais aussi des réalisations beaucoup plus modestes, issues d’architectes discrets et oubliés, des constructions non moins raffinées et pourvues d’une âme unique!

Et c’est cette âme que je veux transcrire dans mes toiles de la série « Usines », cette âme absente de nos architectures industrielles actuelles. Je veux rappeler que, même si la révolution industrielle a tout bouleversé, que même si cette époque était dure et intransigeante, il y avait encore des détails architecturaux et mécaniques qui témoigniaient d’un souci d’esthétique, d’un certain sens de la vie, d’un savoir faire, d’un respect du travail bien fait, de la compétence, de la fierté. Voilà nombre de valeurs qui ont disparu sous les néons, les tôles et la sévérité des bâtiments modernes et rationnels. Les conditions de travails sont évidemment meilleures mais, paradoxalement, l’incompétence est devenue reine car chacun s’est déresponsabilisé de son pouvoir de réalisation.

Je ne suis pas nostalgique d’une certaine époque, je ne l’ai même pas connu. Je suis plutôt utopiste et je rêve de voir le souci du détail, la conscience du temps, la jouissance du moment présent reprendre le dessus des priorités de nos vies.
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samedi 16 février 2008

La performance



La performance


Ça y est, c'est officiel! La performance musico-picturale aura lieu le samedi 22 mars, de 18h30 à 19h30 à la Tohu

En interaction avec le saxophoniste Yanick Coderre et un contrebassiste (à déterminer), je me lancerais dans une improvisation picturale sur une toile de 4 pieds par 6 pieds, posée par terre...

C'est un happening que j'ai longtemps imaginé, comme une sorte de fantasme, mais qui, aujourd'hui, se réalise! Ai-je le trac? Bien sûr. C'est l'inconnu. Et en même temps, ce plongeon dans l'improvisation pure est si stimulant, que j'ai très hâte de voir ce que cela va donner.

J'ai fait longtemps de la scène musicale et j'ai toujours privilégié l'improvisation. Me lancer dans le vide est quelque chose qui me stimule. Mais je ne l'ai jamais fait sous cette forme. L'ironie est que, lorsque j'ai laissé de côté ma "non-carrière" musicale, au profit de la peinture, je me suis dit que je ne vivrais plus le stress d'avant concert. Un vernissage, il y a quelque chose d'effervescent, mais de paisible à la fois. Les oeuvres sont là, faites. Il ne reste qu'à savourer le moment présent et laisser faire les choses. Il n'y a pas cette angoisse à ne pas savoir si on va pouvoir rendre justice à une pièce musicale en la réinterprétant encore une fois.
Et voilà que je me remets en situation de perte de contrôle, d'inconnu...

Le but de cette performance est de se mettre en déséquilibre totale, poussant la spontanéité à son extrême. C'est en fait l'antithèse de l'industrialisation, où chaque geste a sa raison, son calcule, sa quantification, sa productivité et sa reproductivité. Ici, le geste est issu d'une intention non préméditée. C'est d'ailleurs plus qu'une intention, c'est une réaction à l'environnement. Pas dans le sens environnemental, mais bien spatial. Et cet environnement spatial sera sonore. L'intangible faisant face au visuel. Le visuel modelant le son. Le son se liant à l'image en construction.

Yanick Coderre est un musicien que j'admire beaucoup. Son jeu, sa créativité sera à son meilleur car c'est un improvisateur de talent. On a longtemps joué ensemble et il a une écoute exceptionnelle. Yanick à un très bon album a son actif : Yanick Coderre Quartet. Je ne connais pas encore le contrebassiste. C'est le choix de Yanick.

voir aussi :
http://alecart.blogspot.com/2007/11/le-happening.html
http://alecart.blogspot.com/2008/01/la-tohu-suite.html

entendre aussi:
http://www.youtube.com/yanickcoderre-1
http://www.youtube.com/yanickcoderre-2
http://www.youtube.com/yanickcoderre-3

mardi 12 février 2008

Préparation virtuelle



Préparation virtuelle

La salle d’exposition de la Tohu est immense. La première fois que je l’ai vue, je me suis demandé si je pouvais décemment remplir ce vaste espace mural. C’est pour cela que pour la première fois, j’ai fait une mise en place virtuelle, à l’échelle afin de me rendre compte de l’ampleur de cette exposition. Et bien, je me rends compte justement que, s’il y avait eu plus de place, j’en aurais volontiers pris encore.

Cet exercice m’a fait faire un choix de 9 toiles de la série « Mécaniques », 10 de la série « Formes Noires » et 22 de la série des « Usines ». J'ai donc dû faire une sélection. Pour bien présenter les trois périodes, il fallait être, du coup, le plus représentatif.

Évidemment, je privilégie la période la plus récente, les « Usines ». Et c’est ce qui m’a fait choisir le mur le plus grand (66 pieds – 20 m) pour cela. Ce mur est « entre » les deux autres, plus petit (39 pieds – 11 m). La chronologie en prend un coup! Mais tant pis! Dans un sens, puisque la salle, ouverte sur l’entrée de la salle de spectacle de la Tohu, est constituée de trois murs, cela offre une lecture particulière : à gauche la première période, les « Mécaniques » à droite la seconde, les « Formes Noires » et droit devant, le mur que l'on voit le plus, c'est le résultat, les « Usines ».
Chaque toile, sur chaque mur, est placée en chronologie. Ainsi on peut voir la dernière toile de chaque série étant la charnière pour la série suivante.

J’espère ainsi que le visiteur pourra bien comprendre l’évolution de mon travail en détectant aussi les thèmes récurants, les similitudes, même dans ces séries, de prime abord assez différentes.

Voir aussi :
La Tohu - suite
Tohu

vendredi 8 février 2008

Préparation



Préparation


Peindre, ce n'est pas tout. Faire des toiles et des toiles, c'est bien, mais encore faut-il s'y retrouver.
Parallèlement au travail de création, il y a le travail de répertoire, de classement. Chaque toile est inscrite sur une (longue) liste, en titres, dimensions, années, numéro de classement, prix, etc. Et il faut aussi inscrire cette même information à l'endos de chaque toile. Il faut prendre des photos de chaque toile, les classer et les conserver, mais aussi les mettre sur le site internet avec leur pedigree.
Il y a également la finition. Depuis le début, j'ai pris l'habitude de faire les tranches de toile en noir. De cette façon, elles peuvent être exposées sans cadre. C'est long, très long, mais ça donne un bon résultat. Ah! Il faut aussi pouvoir les accrocher : câbles et oeillets (au bout d'une certaine quantité, ça fait mal aux doigts!).

Bref, une toile nécessite beaucoup de temps hors création. Et, pour ma part, cela s'arrête là. Pour d'autres, il y a l'application du vernis et la confection du cadre, et que sais-je encore.
Beaucoup de travail!
Le pire est lors de période très créative : le classement et la finition prennent évidement du retard.
Et c'est justement ce retard que je rattrape présentement. Aussi parce que l'exposition à la Tohu approche. Il s'agit d'une cinquantaine de toiles, peut-être plus. Alors, il faut que toutes soient prêtes à être exposées, même celles qui, finalement, n'auront pas la chance d'être vues.
En effet, pour chaque exposition, je prends facilement un quart de plus de toiles que le nombre exposable, afin de me donner du jeu.

Toutefois, pour la Tohu, je vais préparer une mise en place virtuelle, à l'échelle. Pour ma part, c'est une première. Moi qui suis adepte de l'improvisation, pour cette exposition majeure, je vais me préparer! Trois murs, trois périodes, trois séries : "Mécaniques", "Formes noires", "Usines". Des textes explicatifs seront imprimés sur grandes affiches, certaines phrases de ces textes reproduites en lettrage de vinyle.
Il y a aussi les cadres de vélo. Leur mise en place requiert une attention spéciale.

En plus de tout cela, il a été convenu que je donnerais trois à cinq ateliers en lien avec l'exposition et cette fameuse performance en directe, avec musiciens... Mais ça, j'en reparlerais plus tard, lorsque ce projet en marge de l'exposition sera plus développé.
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vendredi 1 février 2008

La lumière et la photo


Dualité compartimentée
acrylique sur toile - 2008 -
24" x 30" (
61,0cm x 76,2 cm)
série "Formes noires" www.alec5.com
vendu

La lumière a changé...

Le fait qu'il y a plus de murs blancs, la lumière de mon atelier a changé. C'est pour le mieux car il y en a plus, et plus homogène.
Toutefois, je me retrouve devant un petit problème technique auquel je n'avais pas pensé. Les réglages de corrections de couleurs des photos de mes toiles, dans Photoshop, ne correspondent plus. Mon appareil photo numérique analyse de façon différente ce qu'il capte.
C'est un problème car j'essaie de faire en sorte que les images de mes toiles, sur mon site, soient des plus fidèles possible.
Bien sûr, je ne contrôle pas les écrans des visiteurs de mon site. Certains, je le présume, n'ont jamais calibré la résolution des couleurs de leurs écrans.

Alors j'ai pensé à une nouvelle technique : la calibration analogique. C'est-à-dire faire en sorte de ne pas se fier uniquement à la méthode numérique, mais faire en sorte que, dès la captation de l'image, je puisse avoir un "témoin" sûr de ce que sont les couleurs de la toile.
Pour ce faire, dans Photoshop, j'ai créé une série de carrés aux couleurs exactes : un cyan, un magenta, un jaune, un noir, un gris et un blanc. J'ai imprimé, sur un carton blanc, cet agencement de carrés. Je place au dessus de la toile, sur le mur, le carton de carrés de couleur. Je calibre mon appareil sur un blanc pur. Puis je prends la photo. Transféré dans Photoshop, je place au dessus de la photo de la toile ma série de carrés numériques et la compare à la série sur carton pris en photo. J'ajuste alors les réglages de couleurs jusqu'à ce qu'elles correspondent exactement avec mon échantillon numérique.
Et le tour est joué. J'ai une preuve de fidélité des couleurs car les deux séries de carrés sont maintenant jumelles.
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lundi 28 janvier 2008

Continuité et recherche



Continuité et recherche

La première est de 2005, série "Formes Noires". En fait, la deuxième toile de cette série qui marquait mon retour dans la peinture après de nombreuses années d'absence.
La seconde est une petite toile, toute récente de 2008 (d'hier en fait), série "Usines".
Et ça m'a "sauté dans face!"
Soit, au début, tous les éléments de ma recherche étaient déjà en place, soit je tourne en rond!
"On n'invente rien, on ne fait qu'adapter des choses" a dit un sage scientifique dont je ne me souviens plus du nom. Probablement que toute ma peinture est déjà inscrite dans mes gènes et je ne peux que faire surgir des images instinctives de ce bagage inconscient!

Malgré tout, cette preuve de continuité me rassure un peu. J'ai quelque fois l'impression de m'éparpiller, d'essayer des avenues picturales faciles qui me laisse sur ma faim. Cette faim de peindre, de vouloir sortir des images a tout prix. Il arrive, quelque-fois, qu'après une séance intensive de peinture, je remonte de mon sous-sol avec le sentiment d'avoir perdu du temps et surtout, avec l'impression persistante de la futilité de peindre. Cette accumulation de toiles, d'images, quel en est son sens, son utilité? Quel est le but de ma recherche?

D'ailleurs pourquoi est-ce une "recherche"? Pourquoi même rechercher quelque chose? Peindre, simplement peindre? Même si je me dis souvent « Je peins, point! », il y a une quête, un besoin de connaître le sens de ma démarche. Nombrilisme? Probablement. Il vaudrait mieux chercher à connaître le sens du reste des choses, de tout ce qui nous entoure. Mais comme je n'ai pas la prétention de pouvoir effectuer une telle recherche, je me limite, si l'on peut dire, à mes propres problèmes, mes propres émotions. Ce qui, en un sens, devrait déjà pouvoir expliquer plusieurs choses et me donner les outils de pouvoir transmettre certaine valeurs, et donc, de faire avancer les choses a mon échelle.
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mercredi 23 janvier 2008

La Tohu - suite


www.tohu.ca

La Tohu - suite

L'exposition à la Tohu arrive à grand pas. J'ai rencontré hier la nouvelle agente de programmation, Hélène Coulombe. Des idées nouvelles ont été présentées pour cet événement. Entre autres, la possibilité, durant les trois mois d'exposition, de présenter le fameux "Hapenning", cette performance musico-picturale que je prévoyais monter avec mon vieil ami saxophoniste Yanick Coderre. D'autant plus que, dans cet environnement architectural industriel, cela devrait donner un résultat très intéressant. Le son du saxophone ténor, projeter dans l'immense alcôve de béton et d'acier devrait avoir une réverbération unique. Je pourrais peintre par terre, comme à mon habitude, et les spectateurs pourront nous entourer et se déplacer à leur guise, au milieu de l'exposition.
Hélène Coulombe a suggéré de faire de cette performance, par la suite, un atelier d'initiation picturale pour des personnes suivant déjà des cours de peinture ou peut-être même pour néophytes amateur d'art visuel. C'est à voir (et à faire!).
Projet en devenir.
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vendredi 18 janvier 2008

Rénovation et recyclage



Rénovation et recyclage

Les rénovations de mon atelier sont presque terminées. Quelques détails encore. J'ai construit un autre "Rack à toile", plus petit. Mon espace est maintenant bien optimisé et, chose agréable, je n'aurais pas honte d'accueillir des visiteurs dans mon petit atelier. Ah! Si je pouvais transformer le reste du sous-sol en galerie... Je ferais des vernissages "maison". Hum! Il faut que j'y pense...

Ce nouvel environnement va-t-il influencer ma peinture? Sûrement un peu, mais pas tant que cela. Si je déménageais dans un autre type d'atelier, là ce serait probablement beaucoup plus évident. Pour l'instant, je n'ai pas vraiment repris les pinceaux.

C'est le temps aussi de recycler, l'occasion de faire le tri des toiles et de mettre de côté les moins bonnes. OK, on m'a déjà dit que j'étais un peu fou de faire ça. Il y a des toiles que je n'aime pas, qui peuvent plaire à d'autres.Et il est déjà arrivé que quelqu'un me fasse part de son intérêt pour une toile qui était vouée au recyclage. Je me suis posé la question, et me la pose encore, mais je suis arrivé à la simple conclusion que si je n'aime pas une toile, je ne vois pas comment je peux sincèrement la revendiquer et comment elle peut me représenter. Alors j'élimine, je recycle! De toute façon, si j'avais gardé vraiment toutes les toiles que j'ai faites jusqu'à présent, je succomberais par manque d'espace.
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mardi 15 janvier 2008

Steve Berthiaume


http://www.steveberthiaume.ca/galerie.html

Né en 1973. Steve Berthiaume vit et travaille à Montréal.

«Un être face à lui-même, un être face à la collectivité. «Gratouillant» sa surface de travail, amalgamant symbolisme, typographie, collages et coups de pinceaux, il s’atèle à cerner un tant soit peu la complexité humaine. Et qu’elle est belle cette faune humaine, où un rien peut la soulever et la faire crier à la révolte, où un rien peut la briser de peine…»

Tombé par hasard sur le site de cet artiste montréalais, j'ai été évidemment séduit par sa vision de Montréal, sa transposition des ambiances urbaines significatives de la métropole. La présence d'éléments typographiques fait vibrer ma formation de graphiste. J'ai souvent pensé à essayer cette notion graphique sans jamais faire le saut. Peut-être un jour!
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jeudi 10 janvier 2008

L'atelier


Avant

Après

L'atelier

Voilà que l'antédiluvienne fournaise au mazout a enfin tiré sa révérence et s'est vue démontée de toutes pièces et évacuée en sections de plusieurs centaines de kilos.
De même pour son conduit de cheminée, vétuste et fuyant, ainsi que son énorme réservoir nauséabond. Dehors pollution visuelle et environnementale et bonjour espace et silence.

Toute cette machinerie a été remplacée par une chaudière électrique 100 % efficace, contrairement à sa prédécesseure qui n'offrait que péniblement 60 % de sa puissance calorifique, et je suis même peut-être généreux dans cette évaluation.
Petite fournaise électrique, pas plus grande qu'un gros micro-onde, elle est parfaitement silencieuse! Moi qui a besoin d'un environnement musical homogène et constant, il était très perturbant, en hiver évidemment, de se faire surprendre par le démarrage soudain de la fournaise au mazout, avec sa turbine, crachant air, mazout et feu au coeur de l'énorme amas de fonte.

Et me voilà maintenant avec, en sorte, un nouvel atelier, toujours petit, certes, mais l'espace récupéré est très précieux. Il me reste à l'aménager, à l'apprivoiser et à créer de nouvelles toiles!

jeudi 3 janvier 2008

Strates


Dualité II
acrylique sur toile - 2007 -
24" x 36" (
61,0cm x 91,4 cm)
série "Formes noires" www.alec5.com


Strates

Probablement dû à mes quatre années de fouilles archéologiques, en Suisse, je garde inconsciemment des images de strates géologiques. Dans cette toile, la transposition est plus évidente.

Et oui, j'ai bien failli, à cette époque, me diriger vers une carrière de dessinateur archéologique. Après avoir creusé, déblayé, identifié, je devais faire de précis relevés, sorte de reproductions fidèles du terrain et de tous ses objets. Cela servait de complément indispensable à la photographie, cette dernière ne permettant pas une certaine synthèse, voire interprétation précise du terrain.

Je faisais aussi des tranchées, des coupes parfaitement verticales, afin de pouvoir analyser visuellement les couches de terrain, les
strates géologiques. J'adorais faire ça. Moitié sculpture, moitié peinture, ces coupes de plusieurs mètres de hauteur (ou de profondeur, selon où l'on se trouvait) offraient un espace visuel coloré tout à fait dans les tons que j'affectionne. On y voyait autant les tons que le temps, car chaque couche représentait une période de l'histoire.
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mardi 1 janvier 2008

Peindre à l'huile


Regard sur la solitude
huile sur toile - 1990 - 48" x
36 " (121,9 cm x 91,4cm)
"Hors série" www.alec5.com


Peindre à l'huile

Je ne sais pas pourquoi mais, pour moi, la peinture à l'huile à une connotation de sérénité, de calme, de lenteur, de douceur. Bref, un médium correspondant à une étape avancée dans une vie. Je sais, c'est très subjectif et c'est une perception très personnelle.
Quelque fois, je me demande si je ne devrais pas faire le saut un jour prochain. La peinture acrylique est rapide, spontanée, fougueuse. Mais je me rends compte que mes thèmes picturaux s'assagissent.
De plus, j'ai passé mon enfance à humer les vapeurs de térébenthine et les odeurs de peinture à l'huile, alors que ma mère peignait ses grandes toiles dans son atelier. Je devrai donc, pour fermer une sorte de boucle, peindre un jour à mon tour à l'huile.
Ce n'est pas que je n'ai pas essayé par le passé, mais mon énergie d'alors ne correspondait pas à cette technique et, pour une certaine toile, "Regard sur la solitude" (1990), je me suis fatigué à achever cette grande toile.

J'ai encore besoin d'une certaine rapidité. En fait, il me faut avoir un résultat rapidement, sinon il me semble que je perds le fil et "use" l'image. Cela devient alors plus une exécution qu'une création. C'est d'ailleurs aussi pour cette raison que je ne fais pas d'esquisse préalable sur la toile, que je ne prépare rien d'avance. Encore une fois, j'ai essayé. J'ai commencé par esquisser une composition sur la toile blanche, puis me suis exécuté à "remplir" les espaces définis. Ce fut un ennui mortel. Une véritable corvée, proche de la peinture à numéro. Ok, j'exagère un peu, mais une chose est certaine, j'avais complètement perdu ma spontanéité et le plaisir de peindre librement, sans contraintes.

Bien sûr, si je me relance à l'huile, je devrai m'attendre à bâcler quelques toiles avant de maîtriser cette nouvelle technique, pour enfin l'oublier et simplement peindre.

Un autre point est que je ne lave jamais mes pinceaux, et pour les maintenir dans un certain état, je les laisse tremper dans l'eau (Mes pinceaux).
Devrais-je alors me discipliner et "faire la vaisselle" après chaque séance de peinture à l'huile?
D'accord, je promets de réessayer un jour prochain.
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lundi 24 décembre 2007

Les romans

Et tes romans? De quoi parlent-ils?

On me pose cette question. La réponse est assez simple : Ils parlent (mis à part le premier) de ce que je connais et de ce que je voudrais connaître. Ils parlent d'art, d'artistes, de découvertes, de parcours.

En fait, au départ, c'était simplement l'envie, ou même le besoin, de mettre sur papier une idée, une histoire qui m'était passée par la tête. Et puis cela a donné un premier roman, "Le futur simple", réécrit une bonne dizaine de fois, un roman que je ne renie pas, mais que je ne qualifierais pas vraiment comme tel. C'était plutôt un exutoire, un ramassis de style. Autant historique que scientifique, autant fiction que science-fiction, autant biographique que... rien du tout, en fait. Mais cela m'a fait comprendre une chose : j'aime écrire.

Il s'est passé un moment avant que je me relance dans un autre roman. Et c'est ce plaisir d'écrire qui m'y a poussé. Alors, au lieu d'échafauder tout un scénario, j'ai simplement créer des personnages et je les ai observé se démener dans ce livre.
Et c'est là que j'ai compris comment j'aimais écrire : comme un observateur de ce qui allait se passer. Je connais le point A, je pressens le point B et je laisse les personnages se rendrent au point B par leur propre moyen, selon ce que je découvre de leurs personnalités. C'est, en fin de compte, à peu près la même démarche qu'en peinture. Pas d'images préconçues, pas de thématique préétablie.
Et cela a donné "Métal".
« Le souvenir de l'incursion d'une pièce métallique dans sa chair, lors d'un accident de voiture, durant son enfance, poussera Thomas à retrouver cette sensation unique, acre et amère, mais si douce à la fois.
Une quête qui lui fera découvrir l'art par le biais de la sculpture et d'une rencontre. »


Puis, ayant abordé la sculpture, je me suis dit que je devais traiter de la peinture. Ce fut "Le pinceau d'Ocre".
« Lentement, elle leva son bras. D'une main vacillante mais ô combien précise, elle posa délicatement les poils chargés de peinture grasse, ocre et sale sur la toile. Celle-ci, à leur contact, tressaillit comme si un frisson l'eut soudainement envahie.
Elisabeth réajusta ses petites lunettes oblongues, replaça une de ses longues mèches d'argent qui tombait sur son front ridé et recula de quelques pas. Elle ralluma son mégot de Gitane papier mais, et d'une profonde bouffée, elle fit la pause de la matinée. »


Autre champs d'activité dans lequel j'ai sévit par le passé : la musique. L'envie d'entremêler musique et art visuel à donné "La dernière note".
« L’immense atelier était littéralement envahi de toiles plus mouvementée les une que les autres. La lumière du soleil les léchait, ça et là, recomposant certaines par de nouvelles surfaces d’ombre et de clarté. Léa avança lentement. Percussions, cuivres, cordes… Tout était là, les rouges, les noires, les bronzes, les triolets de touches éparses, des doubles croches de griffures spontanées. Ça dansait, ça bougeait. Léa sourit. Elle se laissa entraîner par la musique. »

Ce sont les quatre romans achevés. Les trois derniers sont à éditer... (avis aux intéressés!).

Entretemps, il y a eu quelques autres essais, comme "Gaucho", l'histoire romancée de mon vieux camion noir. Pour ceux qui l'ont connu, vous savez qu'il y a de quoi en faire un roman!
« Autant il y avait absence de vibrations, autant le souvenir de celles-ci résonnait encore dans ses organes immobiles, comme un infime frisson issu d'harmoniques de longues distances anciennement parcourues. Cela n'était ni le noir, ni le vide, uniquement le néant incommensurable de l'attente sans but, sans finalité. Il ne faisait que ressentir les contractions et les dilatations, les compressions et les expansions, les condensations et les évaporations... Et surtout, les multiples niveaux complexes de vibrations, des plus forts aux plus infimes, ceux-là mêmes qui lui permettaient d'entendre. Car il entendait. Il avait toujours tout entendu et perçu, tout ce qui se passait dans sa cabine. »

Actuellement je me suis lancé dans une histoire plus complexe, dans sa forme de narration, que je ne peux pas vraiment encore en préciser la direction générale. Disons simplement qu'il s'agit d'une réflexion sur le bonheur par le biais d'images fugasses.
"Pour une nanoseconde de bonheur".
« Le geste était lent et naturel. Cette main tendue dans l'espace semblait vouloir capter l'insaisissable instant d'un illusoire bonheur, l'instant que l'on voudrait éternel, après qui l'on base même le sens de sa vie. Mais tout ce travail, toute cette quête pour une nanoseconde si fugace, fait que lorsqu'on la frôle, on exulte et on panique à la fois, sachant que rien ni personne n'a jamais pu avoir le moindre contrôle sur cet état de grâce.
Capté sur mémoire flash, ce geste avait la douceur et la lumière d'un Vermer, si ce dernier, évidemment, avait pu peindre le mouvement. Il avait la volupté et la suggestion d'un Ingre, et une résolution numérique à la fine pointe de la technologie. »
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jeudi 20 décembre 2007

Retour à l'abstraction


Dualité Formelle
acrylique sur toile - 2007 -
36" x 48" (91,4 cm x 121,9 cm)
série "Formes noires" www.alec5.com


Retour à l'abstraction

J'ai eu l'impression, sûrement à juste titre, que je tournais en rond avec les "Usines". En tout cas, avec ce thème. Je ne savais même plus s'il s'agissait d"Usines" ou de "Formes noires".
Soudainement j'en ai eu une certaine lassitude. Mais il a, dans ces compositions, des éléments qui m'interpellent. Et de façon naturelle, je suis allé dans l'abstraction chercher l'essence de ces images, en n'utilisant que les éléments distinctifs que j'ai perçus dans les autres toiles.
Cela a donné "Face à face formel" et "Entre deux terres"

Et puis j'ai réalisé, qu'en m'efforcant à élaborer des images d'usines, j'en perdais peut-être même le plaisir de peindre. Décidément, en création pure, je suis incapable de subir la moindre contrainte. Alors je retourne dans l'abstraction qui, à mon sens, est un terrain plus propice au laissez allé et à la spontanéité, d'où peut surgir des images plus inconscientes et plus vraies.

Je suis quand même content de la série des "Usines", «faut pas croire!», mais à vouloir définir mon travail, je me mets peut-être trop de limites. Après tout, toutes ces toiles sont des "Formes noires" tout simplement!

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mardi 18 décembre 2007

Inconscient visuel



Inconscient visuel

Je viens de comprendre d'où vient cette forme qui se répète, sous divers traits, dans la plupart de mes dernières toiles. C'est fou ce que l'inconscient visuel peut enregistrer.
Mais non, je rigole! Quoique...
C'est à croire que cette vieille et hideuse fournaise, qui trône dans mon atelier, me hante!

Non, cette forme, je le sais, me hante depuis bien plus longtemps. En fait, depuis ma plus tendre enfance, alors que dessinais, durant des heures, d'immenses cathédrales. Les voûtes et arcs-boutants me fascinaient et me fascinent toujours. Non, non, ce n'est pas un cas de psychiatrie! Quoique...

Bon, je retourne à mes pinceaux!
La peinture serait ma thérapie? Ben non, voyons! Quoique...
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dimanche 16 décembre 2007

L'hiver


Les deux rives
acrylique sur toile - 2007 - 24" x 30" (
61,0 cm x 76,2 cm)
série "Formes noires" www.alec5.com


L'hiver

Paradoxalement, l'hiver me calme et pourtant me pousse furieusement à peindre sans cesse. Je n'ai jamais su quelle était la raison de ce phénomène. Durant les autres saisons, je me force presque à peindre, et la violence que je me fais ressort dans mes toiles.

L'hiver est pour moi un temps étrange où la lumière particulière et le foisonnement de tonalités et de camaïeux me poussent à vouloir transcrire ce que je vois et ressens. Même que le simple fait de descendre dans l'atelier me stimule tellement que je ne peux résister à l'envie de déballer une toile vierge et bondir avec le premier pinceau noircit.
Et plus je peins, plus une certaine sérénité m'envahi. Mes thèmes deviennent plus calmes. Comme je l'ai déjà écrit (Recyclage et répétition), la répétion de la composition ne me dérange pas. Au contraire, elle me permet de mieux comprendre ce qui se passe.

Nouvelles toiles, sur mon site (www.alec5.com) dans les séries "Usines" et "Formes noires" qui, soit dit en passant, devraient probablement ne faire qu'une série. Mais les "Usines" avaient commencé un rythme tellement différent que je les avais spontanément isolées.
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samedi 15 décembre 2007

Antoine Claes

Voilà un artiste dont je voulais parler depuis un moment.
Antoine Claes, Né à Montréal en 1971, de nationalité belge et canadienne.

Tombé par hasard sur sa peinture, j'ai évidemment été séduit par son univers industriel et par la facture très particulière de sa peinture. Étant de toute évidence beaucoup plus figuratif, il semble vouloir faire le chemin inverse du mien et, par son traitement, faire se rapprocher l'image figurative vers une image plus abstraite.

Sa technique, puisqu'elle est mise très en avant sur ses oeuvres, est un transfert photographique, non pas mécanique ni digital, mais bien manuel, à l'huile et souvent sur bois.

Certaines de ses oeuvres sont immenses et, de par leurs grandes tailles, envahissent l'espace visuelle de façon à ce que l'observateur puisse y plonger et perdre, pour un moment, une certaine notion de réel.

À voir à la galerie MX (Mensi Xpose), sur l'avenue Viger, à Montréal.
Antoine Claes
galeriemx.com
à voir aussi à La Galerie Beauchamp à Québec
www.galeriebeauchamp.com


mardi 11 décembre 2007

Image surgissante


Station Baïkal
acrylique sur toile - 2007 - 24" x 36" (
61,0 cm x 91,4 cm)
série "Formes noires" www.alec5.com


Image surgissante

La série des "Usines" est évidement issue de la série des "Formes noires", et je ne pense pas avoir fini avec cette dernière l'exploration thématique. De temps à autre, une image surgit avant que je la peinge. C'est rare, puisque que c'est, en quelque sorte, à l'encontre de ma "non-démarche", qui privilégie la spontanéité de l'inconscient. Mais là, cette image c'est tous naturellement imposée. Alors la voici. Ambiance gelée, d'hiver Sibérien au bord du lac Baïkal. Souvenir d'enfance? Du voyage, oui, mais de cette image... Peut-être.

Souvenir de surface de béton, de gris, de beige, d'ocre, de sévérité et d'interdiction soviétique. Visite guidée, évidemment. Mais nous étions curieux et nous avions échappé plus d'une fois aux guides qui nous prêchaient leur propagande touristico-culturel sur la force et le pouvoir du développement régional. Et les énormes bâtiments stricts, carrés, massifs, tout comme les gigantesques statues, toutes aussi strictes, carrées, massives. Et le ciel éternellement beige, éternellement hivernal, les routes et les rues noircies de poudre de pneus usés, de poussière, de terre et de rouille. (Et je peux le confirmer, les voitures soviétiques rouillent à vue d'oeil. 30 ans plus tard, j'ai eu une Lada!).
Dans tout ce blanc sale, ce beige et ce noir, deux couleurs m'ont toujours frappé en Union Soviètique (toujours parce que j'y suis allé plus d'une fois). Le vert forêt et le rouge impérial. C'est fou le nombre de tissu ayant ces couleurs. Les recouvrements de chaises et de fauteuils, les rideaux, les tapis industriels. Petit garçon, ce sont des choses que l'on remarque, des détails qui n'en sont pas vraiment mais qui marquent. Et comme j'ai une très bonne mémoire visuelle (on ne peut pas en dire autant de ma mémoire courante), ce sont des couleurs qui se sont inscrites à jamais dans mon esprit.
Toutefois, n'étant pas très picturalement "coloriste", je préfère me perdre dans les blancs cassés, les beiges et ocres de tout genre. Malgré tout, le noir reste la dominante narrative, d'où la série des "Formes noires".
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