samedi 18 mai 2013

Home Staging


Un ami vend sa maison. Pour aider sa cause, il a voulu faire du "home staging", c'est-à-dire de revamper sa maison en changeant et améliorant la décoration. Pour ce faire il m'a demandé de lui prêter quelques toiles. Le résultat est pas mal cool. J'aime voir mes oeuvres dans des environnements différents.
Le portrait lui appartenait déjà. Il l'avait placé là pour la concordance surprenante des couleurs du tapis rouge et des marches grises.

mercredi 15 mai 2013

Un CV en images

Bon. Et bien comme une image vaut mille mots, combien valent des centaines d'images?
Je me suis amusé à monter mon CV en film...


 

dimanche 21 avril 2013

L'atelier

Depuis le temps que j'en rêvais... C'est chose faite!

Après plusieurs mois de labeur où je me suis transformé en menuisier, électricien, peintre en bâtiment, ébéniste, voici enfin mon nouvel atelier.

Enfin je vais pouvoir refaire des grands formats, enfin je vais pouvoir accueillir les gens comme il se doit pour des visites d'atelier sans avoir la gêne de présenter mes toiles dans ce qui était une véritable "Batcave" au plafond bas, sans lumière et sans recul.

Mais c'est surtout la création d'un espace qui respire, d'un espace des "possibles", là où je vais pouvoir expérimenter bien plus que ce que je ne pouvais faire jusqu'alors.

Il y a bien longtemps, j'avais un atelier suffisamment grand pour pouvoir travailler plusieurs toiles de front, expérimentant sur l'une ce que je découvrais sur l'autre.

Cette dynamique créative me manquait. Je vais pouvoir mettre plus d'amplitude, plus de mouvements.
Je vais pouvoir aussi mettre au point le projet électro-acrylique...

Par contre, ce qui est très intimidant, c'est que cet espace respire le neuf, le blanc, le propre... Peur de faire des taches? Oui, mais il va bien falloir qu'il y en ait, il va falloir que ça vive, que ça crée. C'est la première fois que je me retrouve dans un espace qui n'a pas de vécu.

C'est ce qui est paradoxal par rapport à ma démarche qui est d'observer et de ressentir l'histoire des lieux, des objets, des gens par leur émanation mnémonique. Ici, il n'y a aucune histoire. Tout est à faire, tout est à vivre. Bien sûr, nombre d'objets hétérocycliques et désuets y prendront place, comme des témoins du temps qui m'apporteront, par leur propre émanation, leur histoire et leur vécu. Ils transmettront, je l'espère, cette vibration du passé qui alimente ma peinture.


Visites d'atelier sur rendez-vous
info@alec5.com


vendredi 19 avril 2013

Bruckner, la 6e

Bruckner, la 6e  2013  48" x 72" (121,9 cm x 182,9 cm)

Mercredi dernier, j'ai été invité à performer en direct lors d'un cocktail offert par BBA à ses clients. BBA est une entreprise de génie-conseil et est un des commanditaires de longue date de OSM.

Ce soir-là, au programme, il y avait Rossini, Beethoven et surtout Bruckner, le tout, dirigé par Maestro Nagano. Pourquoi surtout? Parce que j'adore Bruckner. Je suis amateur de musique classique, surtout 19e, début 20e.

En plus de pouvoir peindre durant la soirée, BBA m'a offert une petite place au concert... Pour moi, c'était mon baptême de la nouvelle salle de la maison symphonique.

Tout dans cette salle respire, autant le bois, la lumière que la sonorité... Surtout cette sonorité parfaite. Le moindre détail, la moindre intention musicale est transmis avec précision et amplis l'espace généreusement. À croire que le volume de la salle se modifie en fonction de l'amplitude sonore. C'était envoûtant!

Étrangement, même si la toile a été avant le concert, peut-être sachant qui s'agirait de Bruckner, le visuel s'est harmonisé avec la texture musicale. 
Ô combien j'aurais aimé peindre carrément durant l’exécution de la symphonie n° 6 de Bruckner! Cette symphonie est, selon, les experts, la moins remaniée de ses oeuvres. Elle est plus concise, plus directe, plus spontanée. Ah bon? Il y a pourtant là un travail d'arrangements complexes et riches, des contrastes subtils tout autant que forts. Si cette œuvre est issue d'un jet spontané, que dire des autres!

Dans un sens, et en toute humilité, ma petite oeuvre a en quelques sortes la même démarche. Écrire spontanément sur la toile vierge une histoire qui se tienne, en se lançant, corps et âme au risque de se tromper, au risque de diverger, au beau risque de voir sa toile s’échapper du geste et devenir quelque chose d'autre, par elle-même...

Mon fantasme : Créer une oeuvre, reproduite sur écran géant, en symbiose avec un orchestre symphonique!

mardi 12 mars 2013

Mapping 2e



Finalement, comme dans tout projet, le temps a manqué. Il fallait rendre un kiosque complet pour le 24 février. Mais même si le délai s'était radicalement réduit, on est arrivé à faire des miracles. En fait on a fait une maquette grandeur nature de la structure et des multiples panneaux écrans et c'est cette maquette fonctionnelle qui est partie à Nashville au International seating symposium.

Hormis quelques mesures de bases, on a littéralement sculpté sur place l'ensemble, dans les installations de Motion Composites. Et ça a marché. Les structures étaient faites de fins chevalets créés sur mesure pour recevoir un fauteuil en hauteur, créant ainsi cet effet de lévitation recherché. Ces chevalets-structure pouvaient aussi soutenir les multiples panneaux-écrans.

L'effet de lévitation était très important. Motion Composites, qui fabrique ces fauteuils, détient le titre du fauteuil le plus léger au monde. Le sigle même de la compagnie représente une plume dans une roue. La symbolique était donc une prémisse et un message important à souligner.

En un temps record, en une journée, on a construit quatre chevalets en bois. Ceux-ci seront en aluminium dans leur version définitive. Puis, dans la même journée, j'ai découpé des immenses panneaux de "foamcore" blanc, selon l'inspiration de formes et la proportion à donner à l'ensemble. La composition a pris rapidement formes.

Le défi pour Vincent L'Ecuyer, le multi disciplinaire du multimédia de Motion Composites, était de cartographier toutes les formes une par une pour en faire des éléments distinctifs afin de pouvoir assigner à chacune d'elle le rôle d'écran.
De ce fait, on pouvait soit afficher des images et des films indépendamment sur chaque panneau, soit les regrouper pour en faire un ensemble visuel cohérent et dynamique.

Le kiosque a été un des plus remarqués à Nashville. 

samedi 2 mars 2013

L'esprit vélo



Effectivement, styliser une chaise roulante peut sembler rébarbatif, surtout après avoir tant dessiné des vélos durant tant d'années. Mais ce que Motion Composites voulait en venant me chercher c'était justement que j'y apporte cette vision de haut de gamme cycliste, cette notion de performance.

Pour me convaincre, ils m'avaient envoyé deux images de concurrents. Sur l'une d'entre elles, on y voyait un homme en fauteuil à côté d'une Ford GT. Son fauteuil était compact et racé. Visiblement cette personne était active. Sur l'autre on y voyait une autre personne en veston d'aviateur, également en fauteuil, à côté d'un planeur. Mon préjugé venait de s'effacer.

Leur dernier modèle de fauteuil, le Veloce, "le fauteuil le plus léger au monde" 8,28 kg, se devait d'être racé telle une machine de performance sans toutefois avoir l'air d'une machine de course. À l'instar d'une Porsche, le Veloce doit transmettre son image d'efficacité, de légèreté et de performance.

La première fois que je me suis assis dans ce fauteuil, j'ai eu tout d'abord le syndrome de l'imposteur. Petit malaise. Avais-je le droit? Mais ce que je trouve de fabuleux chez Motion Composite, c'est que la connotation de handicap est totalement dissoute dans l'image de performance de l'objet.

En moins de 5 minutes je me sentais totalement à l'aise à me déplacer avec ce fauteuil. La géométrie complètement ajustable, bien au-delà de ce que peut offrir un vélo, permet de s'adapter à la perfection à la morphologie et au tempérament de chacun. Au tempérament? Oui car Le fauteuil peut tout autant devenir fougueux que sage, agile que tranquille. Tout est question d'angle et de déplacement de centre de gravité.

On pense qu'un fauteuil est encombrant. Il est aussi léger, sinon plus qu'un vélo de performance, se plie en une main et se manie avec une telle précision que l'on a envie de le tester à ses limites. Mais les limites sont les nôtres et notre apprentissage à la confiance.

Il aura fallu ces 5 minutes pour me convaincre qu'il était question que quelque chose de complètement différent de ce que l'on peut se faire comme idée d'un fauteuil roulant.

Tout comme un vélo de qualité, plus l'objet est facile d'utilisation, plus on est enclin à vouloir l'utiliser. Et plus le fauteuil saura se faire pratique, moins il sera un obstacle à vouloir se déplacer.

"Mobilité pour tous" est le leitmotiv de Motion Composites.

À la blague, quoiqu'emprunte d'une certaine véracité, je dis maintenant que j'en veux un.

Motion Composites : fibre entrepreneuriale et de carbone (La Presse)

jeudi 7 février 2013

Mini velo


Voir le résultat de mois de travail enfin en "vrai" est toujours quelque chose de spécial, d'euphorisant, voire d'intimidant.

Longtemps avant il y a un "flash", une simple petite idée embryonnaire, ce que j'appel le "Et si...", rapidement suivit du "Wow, ce serait cool!!"

Certes, on ne réinvente jamais la roue, mais on peut faire les choses autrement. Ce que j'aime le plus en design, c'est renversé la vision que l'on peut avoir d'un concept et le regarder sous un autre angle, au risque de ne pas être compris car cela sort souvent des conventions établies. Et Dieu sait si la plupart des gens ont besoin de ces conventions établies pour pouvoir juger en se référent à quelque chose de connu.
Alors, si l'idée se maintient, on projette cette vision 3D en dessin 2D. On esquisse quelques croquis, puis, par une illustration, on essaie de coller à cette vision, à cette intime conviction d'un nouveau concept. Alors on passe au dessin technique afin de valider le concept par des mesures précises.

Mais bien au-delà du dessin technique, on essaie de ressentir les formes, les courbes, les forces, les points de stress du métal. On essaie de pressentir le comportement du vélo. On calcule alors une géométrie nouvelle, complètement adaptée au concept. On teste des agencements de couleurs. Et comme tout oeuvre, on lui trouve un titre, un nom. Étrangement, même si le travail technique est considérable, c'est souvent le nom qui est le plus ardu à trouver.

Dans ce cas, en fait, cela n'a pas été si difficile. Autant pour la couleur que pour le nom, cela est tombé sous le sens. J'avais la vision d'une petite voiture de sport racée... Une Ferrari. La couleur était donc évidente et le nom... Enzo!

Donc, voir le résultat de mois de travail est enivrant, surtout lorsqu'on réalise que les calcules sont justes et que le vélo se comporte parfaitement bien malgré le mini diamètre des roues (20"). Alors on scrute les erreurs, on cherche ce qui pourrait clocher, ou ce qui serait à améliorer. Il y a toujours des détails à modifier, mais dans ce cas, pas grand-chose. Une autre béquille peut-être, plus stylée... Dans l'ensemble c'est une réussite.

Bref, le Enzo est un mini-vélo super équipé : Fourche à suspension mono-shock, freins à disques hydrauliques, pneu à haute pression (110 psi) avec bande de roulement style moto.

Je suis pas mal fier de ce dernier né, que je savais être le dernier d'ailleurs.

Et le Lorenzo? Aussi un mini-vélo, aussi des roues de 20". Mais l'approche est différente. Au départ, je voulais faire un vélo hyper-compact, hyper-maniable, un passe-partout pratique, agile et serviable, avec sa cage avant montée sur le cadre. 3 vitesses internes au moyeu arrière. Les vitesses internes? Ah! Le bonheur. J'en ai parlé en long et en large sur le défunt blogue Urbanista (republié dans ÜrbArt5). Ce système est précis, rapide, sans souci et tellement adapté à l'urbanité cycliste.

Le concept de la cage avant, montée sur le cadre, est là pour ne pas influencer la direction. Dans le cas d'un autre vélo de la gamme Urbanista, l'Ivan (et le Ivanna, version femme du l'Ivan), la cage, ou plutôt, le plateau de chargement est monté sur la fourche avant. Ce plateau vire avec la direction. Dans le cas où l'on surcharge ce plateau, cela influence évidemment beaucoup la direction.

On s'habitue, mais cela demande plus de contrôle. C'est pourquoi je me suis dit que, si ce plateau de chargement faisait partie du cadre, la fourche serait libre de virer aisément. Par contre c'est le cerveau qui doit s'adapter. Aux premiers essais, on a l'impression que la direction est faussée, car la cage ne bouge pas. Seule la direction vire. C'est une fausse impression car, si on fait abstraction de ce que l'on voit, le vélo se comporte tout à fait normalement. On peut le prouver en enlevant la cage. Il faut donc juste s'habituer. Mais ne s’habituons pas à tout. C'est un peu comme avoir toujours conduit une voiture manuelle et passer à une automatique. On a l'impression que la boîte de vitesse est mal ajustée. L'inverse est aussi vrai.

Le troisième, le Leonardo, c'est exactement le même principe que le Lorenzo mais à dérailleur 7 vitesses.

Pourquoi avoir développé une petite gamme de mini-vélos? Pour bien des raisons.
Mais tout d'abord par ce que j'ai senti le vent du large et celui-ci annonçait cette mode. Au Japon, c'est l'explosion dans le milieu urbain. En Europe, c'est une sorte de retour. En Amérique du Nord... Ça va venir.

Trop tôt? Peut-être, mais il fallait que je les fasse avant de partir. Et de toute façon, certains modèles doivent être présentés longtemps avant de décoller. J'espère seulement que le distributeur et les représentants auront la patience nécessaire au développement de cette catégorie.

mardi 22 janvier 2013

Mapping

C'est ironique, mais moi qui rêve de travailler pour Moment Factory, voici que je me retrouve à développer un projet kiosque complet avec projection 3D en "Mapping" pour Motion Composites.
Motion composites crée des fauteuils roulants ultra-légers en carbone. L'un de leur modèle, le Veloce, est le fauteuil le plus léger au monde.

J'ai donc misé sur un concept alliant la légèreté, la lévitation, la fluidité, l'évanescence et la translucidité. La projection en "Mapping" va générer des images et des jeux de lumières dynamiques. Certains fauteuils seront fixé à quelques pouces de leur surface d'appuis afin d'accentuer cet effet de lévitation et de légèreté.

Vincent L'Ecuyer, de Motion Composites, est un as de la programmation, des nouveaux médias et d'images numériques. Avec lui, ce projet risque de devenir complètement fou.

Qu'est-ce que la projection "Mapping" :

dimanche 20 janvier 2013

Espace, frontière finale.

Les travaux avancent. Pas vite, mais ils avancent. C'est long lorsqu'on a jamais vraiment fait un projet de cette ampleur. Construire un atelier digne de ce nom, isolé comme il se doit n'est pas une sinécure.

Quoi qu'il en soit, il sera terminé d'ici quelques semaines. Alors je pourrais me remettre à peindre. Alors je pourrais faire de visites d’atelier. Alors je pourrais me retrouver dans mes affaires.

Me remettre à peindre... Cette longue pose aura-t-elle affecté mon élan de ces derniers temps? Va-t-elle modifier ma façon de peindre? Une chose est certaine, le changement de volume, d'espace, va influencer le mouvement. Le geste, je l'espère, va être plus ample. Vais-je enfin peindre "humide"? Je veux dire par là, plus gras, plus "coulant"... Une autre chose est certaine, je vais pouvoir beaucoup plus expérimenter de nouvelles techniques, probablement même faire dériver ma démarche. Enfin... ma démarche évolue en restant la même, mais elle pourra peut-être emprunter de nouvelles avenues.

Aah! Mon fantasme se réalise!

vendredi 11 janvier 2013

D'un design à l'autre

1955 Inter 175A
En 1995, je travaillais, avec quelques amis, sur un projet de véhicule à trois roues, biplaces longitudinales, une machine assez sportive, quatre saisons, avec quelques innovations technologiques intéressantes.
Le projet Mutin
En fait, il y avait trop d'innovations en même temps dans ce véhicule, ce qui a contribué à engourdir le projet qui s'est finalement essoufflé. Dommage, par ce que j'y croyais vraiment, comme la plupart de mes projets d’ailleurs!

Dans la foulée de ce projet, je m'étais posé la question à savoir quel genre de véhicule j'aimerai vraiment utiliser. Je me suis alors dessiné un petit monoplace de style rétro, tout en aluminium, léger et performant, sympa et esthétique tel un vieil avion ayant bourlingué à travers le continent...

Et voilà que quelques décennies plus tard, je tombe sur un site d'un collectionneur de micros véhicules Bruce Weiner. Il y avait là tout ce qui peut exister de mini bagnoles étranges et pourtant réelles, plus bizarres les unes que les autres, au point où l'on pouvait se demander si tous ces inventeurs, ingénieurs et designers n'avaient pas perdu la boule. Il y en avait des franchement laides. Et tout à coup, celle-ci, cette Inter 175A de 1955.

Mon cœur s'est mis à battre comme il n'avait pas battu depuis ce temps où je me voyais rouler dans mon étrange véhicule tout en sachant que jamais je ne pourrais réaliser ce rêve, car je ne disposais pas, individuellement, des moyens de construire mon design.

Il faut dire qu'à l'époque, je roulais avec une vieille moto, une Honda CB750, trouvée à Baie Comeau, chez l'oncle d'un ami, sous la neige et que j'avais entièrement restaurée. Une superbe mécanique, bien conçue, avec une esthétique unique. Elle m'inspirait beaucoup!!

De plus, la voiture de mes rêves, la Messerschmitt KR 175
véhicule qui ma hanté de nombreuses années, qui fut même un élément déclencheur de mon premier roman, cette Messerschmitt venait de se faire détrôner largement.

Maintenant je sais dans quoi je voudrais rouler!