lundi 2 juillet 2012

Alec Stephani - CV

C (514) 806-4265

info@alec5.com
www.alec5.com

CV en images (DA)
CV en images (Complet)
CV en format Blogue
CV en format PDF

Langue maternelle : français
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Compétences

• Idéateur-concepteur
• Producteur au contenu
• Directeur artistique
• Designer graphique

• Designer industriel
• Rédacteur
• Chroniqueur
• Blogueur
• Auteur (romans)

• Artiste (peinture)
• Performeur (peinture, musique)

Compétences complémentaires :
Montage vidéo, Musique, Photo
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Expériences professionnelles
Projets, Idéation

2015 - …     
Idéateur-concepteur, producteur
Magazine UrbArt
Vélo, art et culture
Émission TV 
MAtv (Productions : TOAST - Prototype5)
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2012 - …     
Électro-Acrylique - Performance
Symbiose design sonore et création picturale, avec Dj Pfreud 
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2012 - …     
Félix L’Heureux - Roman jeunesse

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2011 - …     
Magazine UrbArt - Magazine numérique

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1990 -1993
Projet Omer - Sous-marin à propulsion humaine
en collaboration avec l'ETS
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Expériences professionnelles
Rédaction

2012 - ...
Concepteur-rédacteur
Blogue UrbArt5 (renaissance du blogue Urbanista débuté en 2009)
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2012 - ...
Chroniqueur
Magazine Lambert
"Sur2euxRoues" vélo, art et culture
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2011
Chroniqueur
Magazine VéloMag
"Tranche de vie"
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2009 - 2012
Concepteur-rédacteur
Blogues Urbanista
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2007 - 2011
Concepteur-rédacteur
Blogues Opus
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2013 - ...
Écriture :
Roman Jeunesse : Félix L'Heureux
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1990 - ...
Romans :
Romans,
- Le futur simple
- Métal
- Le pinceau d'ocre
- La dernière note
- Gaucho
- Pour une nanoseconde de bonheur







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Expériences professionnelles
Direction artistique, graphisme

2012 - ...
Directeur du marketing - Motion Composites
Chaises roulantes en carbone ultra-légères pour personnes actives

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1989 - 2012
Directeur artistique - Vélos Opus
Graphisme, rédaction, direction photo et photo.

Conception de sites internet
www.opusbike.com
Conception et rédaction des blogues Opus et Urbanista
www.opusbike.blogspot.com
www.opusurbanista.blogspot.com
Conception et montage de clips vidéos
Direction artistique et réalisation de catalogue.
Conception et réalisation d'annonces magazines
Conception et réalisation de bannières de kiosques
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1999 - 2007
Graphiste pigiste
graphisme en domaine musical
Audiogram
BMG


Pochette de disques
Communiqués
Affiches 
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1992 -1993
Directeur de création
Téquila Communication
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1991 -1992
Directeur artistique
Le groupe Hugron et Ass.

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1989 -1990
Directeur artistique
Conceptcom Inc.
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1987 -1988
Directeur artistique
Hermès Communication

Genève (Suisse)
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1986 -1987
Graphiste-concepteur
Publi-Cité

Genève (Suisse)
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1980 -1985
Dessinateur archéologique
Département d’Anthropologie de Genève

(étés) Campagnes archéologiques à Sion,
Sembrencher et Martiny (Valais, Suisse).

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Expériences professionnelles
Design

2012 - ...
Designer-Styliste - Motion Composites
Stylisme de fauteuil roulant en composite carbone
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2000 - 2012
Designer en chef - Vélos Opus
Conception et stylisme de vélos
(Route, Montagne, Urbains, Enfants)
Conception de présentoirs
Stylisme de vêtements
Conception de pièces et d’accessoires Ora (Opus Race Accessories)
Conception de sacs et d’accessoires Urbanista
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1998 - 1999
Designer
Opscom
Recherche et développement en multimédia
Conception d'identifications visuelles pour un système de guide électronique portatif par géolocalisation "Citigo"
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1997 - 1999
Designer
Projet Hélios
Hélicoptère à propulsion humaine
en collaboration avec l'ETS, Bombardier-Canadair, Bell Hélicoptères
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1995 - 2012
Designer en chef
Outdoor Gear Canada

Recherche et développement
• Design industriel
• Design d'environnement
• Design de mode
• Design graphique
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1995 - 1999
Designer
Oakley Canada

Présentoires pour lunettes de soleil
Meubles de réception et de présentation
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1995 -1996
Designer
Projet Omer II, III

Sous-marin à propulsion humaine
en collaboration avec l'ETS, Bombardier-Canadair
• Record du monde de vitesse

Sous-marin Omer 
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1994-1997
Designer
Projet Mutin

Véhicule tri-roues
Athena Automobiles

Projet Mutin
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1990 -1993
Designer
Projet Omer I

Sous-marin à propulsion humaine
en collaboration avec l'ETS, Bombardier-Canadair
• Prix de design
• Prix d'innovation de l'académie de F.A.U.
• Prix international (innovation)

Sous-marin Omer
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Expériences artistiques

2012 - ...
Performances Électro-Acrylique : 
Performances musico-picturales interactives
avec Dj Pfreud
Bande annonce : projet Électro-Acrylique
2014 - Elektra-Mutek
2014 - Nuit blanche, Montréal en lumière
2013 - Eastern Bloc 


2008 - ...
Performances : 
Peinture en direct
http://alecart.blogspot.ca/search/label/performance





1990 - ...
Peinture : artiste peintre www.alec5.com


EXPOSITION : Alec - "Les humains et le métal" from alec on Vimeo.

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Diplôme académique

1981-1986
École des Arts Décoratifs de Genève
Section Graphique
Diplôme :
Certificat de Capacité Fédérale

FORMATION
Publicité
Design
Graphisme
Imprimerie
Photographie
Infographie

Mac
Photoshop
Illustrator
QuarkXpress
iMovie (montage vidéo)
MicroLogic, Garage Band (musique)

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Autres

Revue de presse
Magazine Lambert
http://www.magazinelambert.com/2012/06/alec-stephani-fait-tourner-la-roue/


La Presse
http://alecart.blogspot.ca/2012/03/de-la-publicite-au-design-de-velos.html

MédiaSud
http://mediasud.ca/nouvelle.php?id=5463

Clip Vidéo


Capsule vidéo réalisée par Stéphanie Laurin dans le cadre de l'exposition collective Vitamine Art présentée du 10 juin au 25 juillet 2010 à L'ATELIER art toutes directions, St-Hyacintheversion HD 

Musique
 
http://soundcloud.com/alec-stephani

mardi 12 juin 2012

"Red Square" Malevich (1913)

"Red Square" (1913) Malevich

Mis à part un passage, pour le moins mouvementé, chez les pères dans ma prime jeunesse, j’ai eu la chance de faire mes études dans un système de scolarité gratuite, même pour mon école professionnelle. Bon, on achetait notre matériel, ce qui est la moindre des choses je crois, mais les profs étaient payés par l’état qui lui-même allait faire des ponctions dans le secteur des entreprises et dans les pouvoirs publics pour financer ce système. Système et choix clairement logiques de société.

Cela a probablement contribué à faciliter mon choix de carrière. Enfin… presque, car justement, mon premier choix était de devenir designer automobile. La seule école qui dispensait cette formation se trouvait loin et était hors de prix. Donc la porte m’en était totalement fermée. Tans pis, car les Arts Décoratifs, eux, m’ouvraient les leurs avec beaucoup de générosité. Ceci n’excluait pas qu’il y eût de la compétition. De la grande compétition même. Entrer dans cette école était une chose déjà ardue, mais y rester…

Nous étions, paraît-il, 300 inscrits, dont 80 ont eu la permission de se présenter à l’examen d’entrée. 40 y ont été acceptés, scindés en deux classes. Mais c’est là que la compétition a vraiment commencé. Nous avions un prof des plus exigeants, monsieur Chu Liu. Rigueur, rigueur, rigueur, bien avant que le terme soit popularisé ici. On en pleurait quelques fois, on en rageait souvent. Mais Dieu sait combien il nous a taillés, façonnés et polis au métier de graphiste. Il est vrai qu’il y avait une longue tradition de graphisme helvétique à respecter et à faire perdurer.
Je lui en suis tellement reconnaissant aujourd'hui.

Il y avait aussi cet autre professeur que nous avons eu une autre année, Monsieur Calame, un grand gaillard chaleureux et généreux qui imposait le respect et qui soufrait de mal de dos car il ne pouvait se résoudre à ne pas venir avec sa vieille Porsche 911 où il avait de la difficulté à entrer!

Nous avons reçu une formation des plus complètes : Nous avons appris le graphisme évidemment, le dessin technique, le dessin d’observation, le modèle vivant, mais aussi appris et pratiqué tous les procédés d’impression, de la sérigraphie à la flexographie, en passant par la linotype, les cadratins les casses… La photographie! Une certaine année, nous recevions ce cours le lundi matin. Imaginez une dizaine d’ados, au levé, durant près de deux heures dans une chambre noire à développer des photos…. Ronronnnnn!
Il y avait aussi les cours de publicité, d’administration, et tous les autres cours du programme scolaire régulier…

Bref, au terme de nos études nous n’étions plus que 20, dont 15 à l’examen final et 5 en sont sortis avec leur diplôme.
Donc je pense que gratuité n’a rien a voir avec qualité d’enseignement. Cette dernière peut être aussi de haut niveau que dans n’importe quelle institution chèrement payée.

Donc si le système scolaire Suisse avait été payant, les Arts Décoratifs, école de formation professionnelle, auraient été plus cher que la moyenne, et de ce fait, je ne serais probablement pas devenu graphiste et encore moins designer...

Que faire maintenant pour que cette façon de vivre, ce système, ce choix puissent s’installer, et s’ancrer dans notre société Québécoise?

Explications du système scolaire Genevois
Le système éducatif suisse dans ses grandes lignes 
En 2006, les pouvoirs publics ont dépensé plus de 26 milliards de francs suisse pour l’éducation, soit 5,7% du PIB

samedi 9 juin 2012

Combustion lente


Une fois en place, cette toile a pris une toute autre vie que dans mon atelier. En fait, elle était prévue pour être à cette place. Il est rare que je fasse une "commande" et en plus dans un tout autre style. Vraiment hors série, hors démarche. Mais j'y ai trouvé un certain plaisir exploratoire. Je n'ai même pas peint au pinceau, mais à la truelle! Expérience complètement différente, et en grand format! Quel plaisir!

Pourtant, je me sens bien dans ma démarche picturale, d'autant plus qu'aujourd'hui je me permets quelque fois des écarts complets. De temps à autre j'essaie des choses, question de soulager la pression de ma démarche qui m'entraîne sur des voies plus complexes. Généralement ces écarts ne donnent rien. Alors je recycle. Mais quelque fois ça donne quelque chose que je peux en quelque sorte revendiquer, ou tout du moins, dont je n'aurai pas honte si cela était installé dans le salon de quelqu'un.

Un ami m'a même suggéré que ce type de toile ferait des heureux dans bien des maisons. Je lui ai répondu en boutade : dis-moi le format que tu veux et je te refais celle-là! Ha! Tout ce que je détestais entendre de certains galeristes commerciaux. Mais après tout, si quelqu'un en voulait une comme celle-là, cela me permettrait de réitérer l'expérience. Jusqu'à ce que je me lasse et alors je dirais tout simplement non, que je ne fais pas de commande.

"Combustion lente"
42" x 84". Acrylique sur toile. 2012
www.alec5.com

lundi 4 juin 2012

"Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur... (moi), sans jamais oser le demander!" ;-)

 Magazine Lambert

 

Alec Stephani fait tourner la roue

Par Suzanne Laliberté

La multiplication des activités créatives est le quotidien d’Alec Stephani. Cet artiste-peintre et designer de vélos est fasciné par les anciennes mécaniques et par les vieux bâtiments industriels. Un original, ce Lambertois ? C’est peu dire, il conçoit aussi des sous-marins et écrit des romans !




 

L’héritage familial

Originaire de Suisse, Alec Stephani vient d’une famille de créateurs. Sa mère était portraitiste et enseignante, et son art a fait vivre la petite famille après la mort du père. Ce dernier provenait d’une famille de médecins, et cette carrière lui avait été imposée. Cependant, le père d’Alec, ayant l’âme d’un ingénieur, a choisi la radiographie, une spécialité high-tech à l’époque. Il a commencé à modifier sa propre machine, mais les protocoles de sécurité en matière de radiations étaient presque inexistants ; il est décédé précocement. Les parents d’Alec lui ont donc légué deux héritages : l’amour de l’art et de la technologie. Il navigue avec facilité entre ces deux univers dont le fil conducteur est la créativité.

 

 L’arrivée

Alec se décrit comme un réfugié culturel ! Ayant étudié en graphisme, il travaillait déjà dans le domaine de la publicité en Suisse, avant son arrivée au Québec en 1988, à l’âge de 23 ans. Mais le système hiérarchique typique des vieux pays ne satisfaisait pas son effervescence créatrice. « Au Québec, si tu as une bonne idée, on t’aide, tandis qu’en Suisse, on ne t’aide que lorsque tu as réussi ». Alec avait déjà un emploi dans le secteur publicitaire à son arrivée au Québec, mais c’est surtout la musique qui a favorisé son intégration. Arrivé sans ses claviers, il s’est improvisé chanteur et a été recruté par un band avec lequel il a fait une soixantaine de concerts par année pendant 10 ans.

 

La sabbatique

Arrive alors la récession de 1990, et Alec se retrouve au chômage. Il décide de consacrer ce temps à créer. « Le petit Suisse en moi regardait ça de haut et se disait : “ Tu n’as pas le droit ”, mais j’avais besoin de cette sabbatique. Cet hiver-là, j’ai peint sans arrêt ! » Dans son appartement de l’époque, situé au deuxième étage, il y avait des peintures et des sculptures partout, ainsi que cinq motos en pièces détachées. « Je ne suis pas un gars de garage. Dans la mécanique, c’est le côté sculptural qui m’intéresse. Ma réflexion va au-delà de la technologie, elle s’articule par rapport à l’objet, à la beauté de la pièce.


Opus “Nuovella” collection Urbanista. Inspiré d’une ancienne Vespa 1958 et de la Dolce. Vita de Felini de 1960. 

 

La peinture

C’est à cette époque qu’est née la série de peintures intitulée Mécanique. En peinture, la démarche actuelle d’Alec se veut un travail de mémoire des objets, des architectures et des lieux, de leur valeur et de leur passage dans le temps. Elle est aussi un questionnement sur la conception de ces objets et architectures, l’esthétisme et la durabilité étant devenus des notions trop souvent obsolètes.

 

Les sous-marins

Cette même année, un ami étudiant à l’École de technologie supérieure (ETS), Éric Deschamps, lui propose de participer à un concours international de conception et de course de sous-marins à propulsion humaine. La deuxième version de leur sous-marin Omer a battu le record du monde de vitesse sous l’eau, et depuis (ils en sont à la neuvième version), l’équipe bat ses propres records, toutes catégories confondues. « Ils sont fous ces ingénieurs ! Avec ce projet, j’ai été propulsé dans un univers complètement différent. C’est avec eux que j’ai appris le design industriel. »

 

Les vélos

Après la sabbatique et l’expérience sous-marine, Alec réalise que le milieu de la publicité ne correspond plus à ses valeurs. Un ami le recrute alors pour refaire l’image graphique et le catalogue de l’entreprise OGC, un distributeur de vélos et d’accessoires de cyclisme. Il accepte le mandat sans grand enthousiasme. Mais grâce à l’expérience des sous-marins, les dirigeants de l’entreprise comprennent les capacités d’Alec en design industriel. On lui propose alors de développer une ligne d’accessoires de vélo. Ce projet, concret, correspond mieux au type de création qui l’interpelle. Puis, en 2001, OGC décide de créer ses propres vélos. En collaboration avec un collègue expert de ce sport, Alec crée les cinq premiers vélos de la réputée marque Opus. Depuis, 95 modèles ont été développés.
« C’est quoi, un bon vélo ? », questionne Alec. « Plus encore que la haute technologie, le design doit réveiller la sensation de plaisir. Comme lorsqu’on était enfant et que notre vélo était l’objet magique qu’on enfourchait pour partir à la découverte du quartier. » Le courant Slow Bike, originaire d’Angleterre, est une philosophie qui va en ce sens, explique Alec. « Au lieu de penser comme un automobiliste, le cycliste peut choisir d’autres voies, propices à l’observation de l’architecture et de la nature, comme un enfant préférera spontanément la ruelle à la circulation de la grande rue. »

 

L’écriture

Toutes ces réflexions amènent Alec à démarrer le blogue Urbanista*, qui présentait la gamme éponyme des vélos Opus via des articles et des entrevues, et il découvre alors le plaisir de l’écriture journalistique. Mais Alec avait déjà commencé à écrire des romans dès 1990. Il a commencé par une toute petite histoire de science-fiction devant faire 4 ou 5 pages, mais qui s’est terminée par 200 pages ! Suivent trois romans portant sur la sculpture (Métal), la peinture (Le pinceau d’ocre) et la musique (La dernière note). Bien sûr, Alec aimerait être publié. « Telle une peinture qui, lorsqu’elle est installée dans le salon particulier, prend une autre forme, l’écriture doit circuler et avoir sa vie propre », explique Alec. Comme son écriture est très visuelle, il songe aussi au cinéma. Bref, sa carrière d’écrivain est en devenir. « On verra… », dit Alec, philosophe.

 

Les performances

Récemment, Alec a commencé à tâter de la performance. « Le goût pour la performance vient d’une scène que j’avais écrite dans le roman La dernière note. Je voulais vivre moi aussi cette expérience. » Il planche présentement sur un projet d’improvisation mélangeant art visuel et électro-acoustique. « J’ai amené ma peinture dans le design, mais pour la première fois je l’intègre à la musique. »

 

L’avenir

Peinture, écriture, musique, design, mécanique, performance et sculpture… où cela le mènera-t-il ? « Mon parcours m’a maintes fois montré que ce qui semble être des directions professionnelles différentes est en fait une suite logique à ma véritable passion : créer ! » La carrière prometteuse de ce « Da Vinci lambertois » est donc à surveiller, car il est impossible de prédire dans quelle direction elle ira !

*Le blogue Urbanista a existé durant cinq ans. Il n’est plus en ligne.

www.alec5.com — www.alecart.blogspot.com

 
Opus “Cervin”, collection Urbanista. Inspiré d’une Jeep Saharienne de 1940 et de Indiana Jones.

Ses favoris
Film : Les ailes du désir, de Wim Wenders l’a profondément marqué.
Musique
 : Arvo Pärt, Fauré, Debussy et Borodine, Keith Jarret, Miles Davis, Dan Touin, Brand New Heavies, Zéro 7, Meshell Ndegeocello et Daft Punk.
Voyages
 : New York, San Francisco, Paris, Berlin, Venise.
Passe-temps
 : Créer, créer et créer !
Cause sociale
 : Le vélo comme mode de vie.
Restaurant
 : Bidon Taverne Culinaire, évidemment !

mardi 29 mai 2012

Diptyque - hasard des combinaisons

Diptyque - "Émission couleur", "Falaise polychromique", 2011, acrylique sur toile, 40" x 40"
"Falaise polychromique" (à droite) a été réalisée lors de la soirée V.I.P. Virus d'improvisation picturale. Mise à l'encan, cette toile a été achetée par une dame qui, m'ayant contacté, cherchait venir voir mon atelier pour trouver une autre toile de la même dimension. Au début je me disais : "Bon, cette dame aime ce que je fais, mais elle préférerait finalement une autre toile...". Eh bien non, elle cherchait à composer un diptyque afin de créer plus de présence sur le mur qui lui était destiné. Je trouvais l'idée surprenante et la demande inusitée. Mais cette dame avait du pif car cela n'a pas pris de temps. On a trouvé une combinaison parfaite. En fait, on en a trouvé deux. Un autre diptyque composé de toiles de la série "Formes Noires". Et si nous avions cherché plus à fond je soupçonne que l’exercice aurait donné de nombreux autres résultats.

Alors que le jeu commence! Composez vos diptyques, triptyques et autres....!

mardi 22 mai 2012

L78

L78 - 2012 acrylique sur toile 24" x 48" (61,0 cm x 121,9 cm)
Ce qui se passe est bien plus qu'une grogne à propos d'augmentation de frais de scolarité. Par leurs positions et leurs réactions, deux formes de vie se sont tout à coup fait face. Mais c'est comme un oursin emporté par le courant qui passe à côté d'une anémone : il est impossible que l'un puisse avoir conscience de l'autre tant leur forme de pensée est différente.

Dans ce genre de conflit, on prendra toujours pour le plus faible. Mais justement, qui est le plus faible en réalité?

mercredi 9 mai 2012

Urbain

Du 5 mai au 1er juin
URBAIN
Exposition collective
Vernissage
Samedi 5 mai 2012
17h - 21h
166 Cowie, Granby
mgalerieboutique.com

dimanche 29 avril 2012

lundi 16 avril 2012

Hyper-connexions


Connexions
acrylique sur toile - 2012
30" x 48" (76,2 cm x 121,9 cm)

série "Humains"
www.alec5.com


J'essaie de libérer mon coup de pinceau du contrôle académique. Pas facile. En utilisant des pinceaux en mauvais état qui empêchent un parfait contrôle de la pose du pigment? Oui c'est un début. En peinant frénétiquement? Plus ou moins, en fait non, c'est trop stressant! En peinant plus "gras"? Oui, j'aimerais bien, mais je retombe très vite dans mon réflexe de sécheresse, de frottage excessif. En peinant énergiquement? Selon le format, peut-être. Mais surtout en essayant de me soustraire de la finalité "image". Vouloir reproduire une image exacte.

Dans les oeuvres de Bogdan Luca, on y voit le détachement de la finalité de l'image au profit de son évocation, de son message. Luca observe, recompose et raconte des histoires. Malgré tout, il laisse une grande place à l'interprétation de chacun.

Dans cette dernière toile, "Connexions", c'est l’hyper-connectivité de nos modes de communications. Je la vois comme d'énormes conduits hydrauliques dans lesquels circule à haute pression une huile toxique, résistant aux températures extrêmes. L'humain semble alors dépassé et assommé. Mais sous une posture qui semble montrer pourtant un certain repos, un calme apparent, une dégaine nonchalante, se cache en fait une colère réprimée, une impatience bouillonnante, une surpression de ses propres conduits hydrauliques.

Dans la série Humains, je cherche à mettre en relation des états, d'âme et de mécanique. Et de façon sous-jacente, je veux libérer mon coup de pinceau afin qu'il n'en subsiste que l’essentiel, l'évocation plus ou moins précise. C'est encore trop précis, mais cette série ne fait que commencer...

dimanche 1 avril 2012

Nouvelle installation


Requiem
acrylique sur toile - 1991
48" x 24" (121,9 cm x 61,0 cm)
48" x 36" (121,9 cm x 91,4 cm)
48" x 24" (21,9 cm x 61,0 cm)
série "Structures"
www.alec5.com


C'est toujours surprenant de voir des œuvres prendre leur place dans un nouvel environnement, et ainsi transformer l'ambiance d'une pièce radicalement. D'autant plus des grandes toiles.
Le salon dont il est question, très moderne, très design, de bois, d'acier et de cuir, avait des murs blancs depuis longtemps. Il y avait une magnifique atmosphère zen.

L'arrivée de grandes toiles aurait pu bouleverser l'équilibre. Et c'est après quelques essais que ce triptyque s'est imposé comme le meilleur choix.
C'est lorsqu’on a l'impression que l’œuvre a toujours été là que je me dis que c'est véritablement sa place.

Dualité formelle
acrylique sur toile - 2007

36" x 48" (91,4 cm x 121,9 cm)
série "Usines"
www.alec5.com

lundi 5 mars 2012

De la publicité au design de vélos

Publié le 05 mars 2012
Alec Stephani... (Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse)
Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse
Alec Stephani
Ils ont étudié en biologie, en sciences politiques ou en droit. Aujourd'hui, ils sont musiciens, programmeurs de jeux vidéo ou éleveurs de canards. La Presse dresse leur portrait et démontre que l'école ouvre bien plus qu'une porte.
La publicité et la conception de vélos ont peu en commun. C'est pourtant les deux domaines dans lesquels Alec Stephani a travaillé, après son diplôme en graphisme à l'École des arts décoratifs de Genève.

«C'est lors d'un événement portes ouvertes que j'ai eu un coup de coeur pour la publicité. Je voulais transmettre mon message par l'image. J'avais d'ailleurs déjà des contrats pendant mes études», dit Alec Stephani.

Après avoir travaillé comme directeur artistique dans une boîte de publicité, le principal intéressé s'installe à Montréal en 1988, pour poursuivre sur la même voie.

Une remise en question l'attend toutefois au détour. «Je réalisais que je mettais ma créativité au service de produits auxquels je ne croyais pas. J'ai même refusé de travailler sur des mandats qui étaient en contradiction avec mes valeurs», se rappelle M. Stephani.


Un sous-marin à propulsion humaine

Un ami lui propose alors de travailler avec lui sur une idée à des années-lumière du marketing: en collaboration avec l'École de technologie supérieure (ÉTS), ils conçoivent le projet Omer, un sous-marin à propulsion humaine. «C'est ce qui m'a amené vers le design concret», estime Alec Stephani. Ils ont d'ailleurs créé un monstre, puisque le projet Omer en est à... Omer 8, selon Alec.

Depuis, ce dernier se consacre au design de vélos, principalement à la gamme Opus. «Tout le monde me pose la question «C'est quoi, un bon vélo? «. J'essaie constamment d'y répondre et de mieux définir le concept de vélo urbain», explique-t-il.

Sa mission: faire redécouvrir le vélo aux citadins. «Concevoir la meilleure bicyclette du monde, c'est facile. Tu prends les meilleures composantes et tu les assembles. Le défi, c'est de faire un vélo accessible, puisque chaque détail compte.»

Sa formation et son expérience en publicité l'aident beaucoup dans son travail. «Je suis à l'aise dans les communications, la mise en marché et le marketing. Mais la publicité, c'est devenu un outil plutôt qu'un métier», réalise Alec Stephani. Nul doute que ce touche-à-tout saura continuer longtemps de mettre sa créativité à profit.

mercredi 29 février 2012

exHumachina


exHumachina
acrylique sur toile - 2012
30" x 48" (76,2 cm 121,9 cm)
série "Humains"
www.alec5.com


Finalement, après avoir terminé cette toile hier soir, tard, je me suis levé ce matin avec son titre final : exHumachina
"La machine hors de l'homme", comme si celui-ci avait été défait de son moteur, de sa puissance, de son énergie. Le jeu de couleurs déclare ce transfert. L'humain est neutre autant dans sa posture que dans ses teintes. La machine, pour sa part, est complexe, profonde et arbore du rouge saignant et du jaune dynamique.
Mais, finalement, ce n'est pas l'humain face à la machine, c'est lui-même, son miroir, sa traduction métallique et mécanique.

Les grands formats

Je participe à une exposition collective à la Galerie des Cantons, à Magog du 18 février au 8 avril.
Vernissage ce samedi 3 mars de 14 à 17 hrs.

Les artistes participants:
Alec Stephani, Jocelyn Blouin, Jean Coté,Françoise Euzénat, Miguel Forest, René Guillemette, Gabriel Lalonde, Micheline Landry, Benoit Lévesque, J.Michel Poulin, Étienne St-Amant, Sandra Tremblay, Francine Vernac.


Galerie des Cantons
PLACE DU COMMERCE
52 RUE LAURIER LOCAL 30
MAGOG QUÉBEC
J1X 2K3
TÉL.:819-868-1881

Courriel |ducanton@estrien.com |

samedi 25 février 2012

Work in progress



Il des fois où je me demande ce que je cherche. Ce que je vois souvent en résultat me montre cruellement que ce n'est pas ce que je veux. Je sais pourtant ce que j'aime d'une toile et ce que je veux voir, mais mes mains ne se laissent pas aller à cette liberté tant recherchée. Car en plus du message de l'image, je crois que la façon et la manière font aussi partie du discourt.

Par exemple parallèle, une lettre qui, à contenu identique, présentée soit manuscrite, soit dactylographiée, ne transmettra pas le même sens à un niveau subconscient. La dactylographiée ne pourra pas traduire le même niveau de sensibilité, même si celle-ci est de toute évidence plus claire à lire. On n'aura pas la dimension supplémentaire que peut offrir la manière visuelle de l'écrit manuel.

Or, en peinture, il me semble que cela est aussi observable. Une peinture hyperréalisme, bien que spectaculaire et d'une clarté absolue n'aura pas ce supplément d'âme issu de l’erreur, du défaut, de l’imprévisible. J'admire des peintres comme Lucian Freud ou Kent Williams, qui sont capables de transcender l'image par la facture picturale. Ils y ajoutent une dimension non pas hyperréaliste, mais hypersensible. Et c'est cela que je cherche à atteindre maintenant. Je veux pouvoir traduire autant la force que la faiblesse de ces personnages et mettre en relation la force et la faiblesse de système mécanique qu'ils côtoient.

Cette nouvelle toile est en progression. Je crois que c'est la première fois que je montre une oeuvre inachevée. Mais je pense que le personnage est pour sa part achevé et du coup, la toile vient de prendre son premier sens. Surtout pour moi, car j'ai touché ce que je voulais atteindre! Vais-je pouvoir continuer sur cette lancée? Il faut dire que les conditions étaient particulièrement et étonnamment favorables. Un après-midi "libre", un fabuleux café d'un ami une heure plus tôt qui m'avait mit sur un rythme effréné, une musique enivrante...
Je réalise maintenant que le travail ne se fait plus seulement sur la toile, mais aussi sur moi.
À suivre.

samedi 18 février 2012

Galerie à Magog



Certaines de mes toiles maintenant disponibles en Estrie, à Magog, à la Galerie des Cantons.


La Factory II 24" x 30" - Dualité : La falaise 24" x 36"


Forme noire 1 48" x 24" - Forme noire 2 48" x 24"


Industrie et terre 30" x 24" - Soir sur Peshawar 24" x 30"


Jonction industrielle 24" x 36" - La grande verrière extérieure 36" x 48"

Galerie des Cantons
52 Laurier, Magog
J1X 2K3
819-868-1881
www.galeriedescantons.com

mercredi 15 février 2012

Les Séries

exHumachina
acrylique sur toile - 2012
30" x 48" (76,2
cm x121,9 cm)série "Humains"
Série Humains
7e phase (2012-...)

Observer le corps comme on découvre une machine et son émanation énergétique inertielle. L’image du corps étant statique, il ne peut s’en dégager que la résultante de l’effort. Donc, non plus dans son action, mais dans son résidu mnémonique des tissus, de la matière même du corps.

La machine, elle, fait de même. En prenant un cliché de celle-ci, on ne la voit pas en action, mais son énergie transparaît à travers l’image prise en instantané. Et ce qui est paradoxal, c’est que cet instantané révèle en fait une beaucoup plus longue période de temps : le vécu.

En mettant en parallèle un humain et une machine, je cherche à observer toutes les similitudes énergétiques, mnémoniques, voire historiques possibles de l’un et de l’autre.

L’émanation énergétique inertielle est pour moi l’essence même de « la force tranquille », mais est-elle si tranquille que cela? Même si l’humain semble au repos, il vibre encore de l’effort effectué. La machine, même si on l’éteint subitement, continuera à dégager sa chaleur. Le corps aussi.

Plus loin dans le temps : Si on observe une ancienne machine de proche, si on la touche, ou même simplement en y étant pleinement attentif, on peut y déceler encore l’énergie qu’elle a produite ou consumé par le passé. Pourquoi? Parce que l’émanation énergétique inertielle fait désormais partie de ses entrailles, de ses atomes.

Il y a des corps dont émane aussi facilement cette énergie inertielle, des corps qui parlent, qui s’expriment rien qu’en étant là. Le charisme? Probablement. Mais il ne s’agit pas de caractère, il s’agit de présence, de masse, tout comme la machine.
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La douille de lampe
acrylique sur toile - 2011
24" x 30" (61,0 cm x 76,2 cm)série "Métal"
Série Métal
6e phase (2011-...)

Dans cette série de toiles, je veux observer sans juger, traduire sans reproduire, évoquer sans raconter, laisser l'impression de l'image parler d'elle-même.
Entamée par la série "Usines", la démarche de l'Émanation mnémonique spontanée a engendrer un besoin de plonger dans le figuratif afin d'explorer la nature même et le vécu des objets observés.
J'ai maintenant le goût de voir ce qui m'intrigue. Ne plus simplement le suggérer, mais l'observer. Voir et brosser rapidement l'essentiel de ce que je ressens par rapport à l'image de l'objet, son émanation. Oui, il s'agit encore d'émanation mnémonique, mais cette fois cela ne vient plus de moi mais directement des formes et des objets que j'observe. Ils ont quelque chose à raconter.
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La grande usine
acrylique sur toile - 2008
36" x 48" (91,4 cm x 121,9 cm)série "Usines" 
Série Usines
5e phase (2007-2011)

« C’est un travail sur la mémoire architecturale, non pas dans son sens construction, ni esthétique, mais sur l’émanation mnémonique spontanée, la perception de l'histoire vécue ou ressentie d'un lieu et d'une époque. »

Je me rends compte maintenant que tout mon processus pictural est en train de se cristalliser sur la mémoire inconsciente, instinctive et spontanée, celle qu’on ne peut expliquer mais qui est là, sous-jacente à chaque mouvement, geste ou décision que l’on prend.
À l’instar de la mémoire des métaux, par exemple, je crois que le corps en son entier acquiert une mémoire des lieux et du temps qui transcende même la qualification de mémoire.

En stimulant le réflexe, le geste spontané, et surtout en se « débranchant » non seulement des contrôles de forme, de justesse mais aussi des normes reçues ou établies, il devient alors possible de retranscrire des images sans même les concevoir. Seule cette mémoire interne pourra s’exprimer et faire surgir des images peut-être floues, mais qui laisseront à tout un chacun un espace interprétatif libre, pouvant réagir selon sa propre émanation mnémonique spontanée.

C'est peut-être pour cela que je me balade entre l'abstraction et le figuratif...
C'est peut-être aussi pour cela que je peins les yeux mi-clos, comme me l'a fait remarquer quelqu'un lors de la performance. Je ne regarde pas vraiment ce que je fais, je le perçois.
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Terres noires
acrylique sur toile - 2006
26" x 38" (66 cm x 95,5 cm)série "Formes noires"

Série Formes noires
4e phase (2004-2010)

La démarche est en réalité une contre-démarche. Plonger tête première dans une image en formation. Se mettre en déséquilibre afin que l'instinct pictural prime sur la réflexion conceptuelle. Au besoin répéter l'expérience mainte et mainte fois, afin de pouvoir cerner la cohérence de l'image. Ne pas essayer de comprendre ni ce qui se passe, ni ce qui pourrait se passer. Ne pas réfléchir, mais bien agir sur la toile, jusqu'à ce que l'image se stabilise.

Le point de départ est toujours une forme noire dominante, qui impose, par sa structure, le sujet de l’histoire. Viennent alors se juxtaposer des teintes et des formes, sorte de contrepoints justifiant la présence et l'existence de la forme noire. Chaque couleur est spontanément saturée de noir. Cette saturation exprime l’usure, le travail et la véracité de la vie.
Les teintes sont simples et complexes à la fois, pour que l’on puisse voir plus que ce qu’il y a dans la composition, que chaque observateur puisse décerner les images qu’il peut s’inventer, en apercevant par transparence des niveaux de lecture multiple.

La démarche, s'il en est une, est de faire abstraction de toute formation académique, quelle qu'elle soit, de tout ce qui pourrait entraver le processus créatif, de toute démarche conceptuelle, et ne laisser s'exprimer que l'essence même de ce l'on est.

C'est à chaque fois un plongeon dans une image qui surgit au fur et à mesure des mouvements, des couleurs et des formes. Il n'y a pas de concept initial. Chaque toile est issue d'un désir de surface, qui, progressivement, s'approfondit par couches et interventions successives, et forme enfin une sorte de cohérence de couleurs et de structures. Peindre, c'est se mettre souvent en situation de risque. Il y a une peur constante durant l'exécution, une sorte de stress dynamisant, une curiosité de ce qui va se passer, et un plaisir immense lorsque les choses se mettent soudainement en place. Cette excitation de sentir le moment précis où la cohérence s'installe et que l'image prend forme est le moteur même du désir de peindre.
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American Fields
acrylique sur toile - 1991
34" x 48" (86,4 cm x 95,5 cm)série "Mécaniques"Série Mécaniques
3e phase (1991-1992)

Immersion dans une période d'ingénierie, les structures visuelles s'inscrivent dans une thématique anecdotique purement mécanique.

Une part de moi est attirée par l'ingénierie et la mécanique. Dans cette série, je me suis laissé aller à exprimer ma relation dans un domaine qui, de prime abord, semble peu ou pas artistique. Mais il s'agit bien là d'un univers de création sculpturale. J'ai tenté de transférer la notion tridimensionnelle dans un univers pictural bidimensionnel. Même si l'abstraction est la base de la composition, les éléments anecdotiques sont des supports à la narration. Les paysages, s'ils apparaissent quelques fois, sont là pour définir l'espace, pour définir la scène.
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Échaffaudage 4
acrylique sur toile - 1991
48" x 24" (121,9,4 cm x 61 cm)série "Structures"

Série Structures
2e phase (1990-1991)

À l'instar des échafaudages architecturaux qui semblent cacher ce qu'ils construisent, les thèmes visuels se composent de structures apparentes. C'est le besoin de rendre visible la recherche des formes et des surfaces, le besoin de comprendre, sans cacher ce qui se trame durant le processus créatif.

Je voulais montrer ce qui est invisible dans le processus de création : les structures organisationnelles qui construisent l'image sur la toile. Je voulais rendre apparent ce qui ne se montre pas, ce qui se passe dans la tête du créateur. Rapidement, ces structures ont pris une place prédominante à la composition.
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Carapace
acrylique sur toile - 1991
48" x 24" (121,9,4 cm x 61 cm)série "Surfaces"
Série Surfaces
1e phase (1990)

C'est une période de découverte de la toile, de sa surface et de sa texture, d'assemblage des formes visuelles et des couleurs d'où vont émerger une palette de tons et de formes qui seront les éléments récurrents dans tout le parcours artistique. C'est le fondement du travail.

Cette série fut ma première incursion dans le monde de la peinture. J'ai voulu déstructurer mon apprentissage graphique, progressivement. C'est aussi les premières recherches de couleurs, l'établissement de ma palette de base, les ocres, les blancs et les noirs. Cette période a été pour moi la découverte de la surface de lin, la relation sensorielle avec la toile, avec son grain et ses textures, avec l'objet même, le tableau.
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